Que serait l’Étrange Festival sans une bonne vieille séries B complètement barrée ? Un Festival de Cannes sous acides moins ludique.

Imaginez un Mad Max à la sauce canadienne, un vestige oublié tout droit sorti d'un vidéo-club des années 80, une oeuvre visionnaire qui annonçait la fin du monde en... 1997 !!! La légende Turbo Kid est lancée, en BMX s'il-vous plaît. 

Turbo futur vers le passé

Turbo Kid, un film de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell. Avec Munro Chambers, Michael Ironside, Laurence Leboeuf... Sortie inconnue.

The Kid (Munro Chambers), un orphelin timoré qui tente de survivre dans les ruines d'un monde en déliquescence, va devoir affronter le terrible Zeus (Michael Ironside) et sa horde de barbares, pour sauver la belle Apple (Laurence Leboeuf) ... 

 

Derrière Turbo Kid se cache le collectif canadien RKKS, auteur de la cultissime saga Ninja Eliminator - de véritables fausses bandes-annonces so eighties de #Films d'action badass made in Taïwan produites à l'américaine. Vous suivez toujours ? Le mieux c'est de regarder :

Oui c'est complètement déjanté. C'est dire avec quelle appréhension la redoutable marche "du premier film fait par un collectif qui cartonne sur internet - enfin surtout auprès des geeks", pour atteindre le palier 'd'oeuvre barrée accessible", est à la hauteur de la réussite finale. RKKS a l'intelligence de ne pas s'enfermer dans ses gimmicks kitchs, mais de proposer un véritable divertissement haut gamme. Un hommage sincère au post-nuke (post-nucléaire), un sous-genre à jamais incarné par le légendaire Mad Max. Cette fois-ci modernisé et remodelé avec une folle naïveté, une maîtrise du cadre, de la mise en scène, et de l'écriture des personnages qui forcent au respect.

Turbo Kid crédibilise un monde absurde, au lieu de se vautrer dans une accumulation de sketchs poussifs. Le second degré est minutieux, distillé au travers d'une véritable histoire d'amour, sincère et touchante. Le décor installé, le naturel revient vite au galop grâce à des personnages caricaturaux mais pas idiots. S'il fallait trouvé un défaut, ce serait au niveau de sa structure narrative qui s'articule autour de deux intrigues : la love story The Kid - Apple / la vendetta couillue du cow-boy Frederic (Aaron Jeffery). Toutes deux sont développées en parallèle et se suffisent à elles-mêmes. Deux histoires pour le prix d'une qui ont du mal à cohabiter. 

Turbo Kid propose un univers trop riche, une trop grande générosité créative et à un amour exacerbé du #Cinéma de genre. Et le pire c'est qu'on en redemande.   #Paris culture