Déjà, dans le titre de ce nouvel album, primé (Meilleur fanzine) au 8e Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA 2015 du 06 au 10 octobre), les neuf auteurs se positionnent en faveur de la libération de la #Palestine. Ces artistes du 9e #Art ne font que livrer leur regard dans leurs planches respectives (en arabe et/ou en français). Car comme l’affirme Togui (nom du personnage créé par Samir Toudji) dans son modeste éditorial, « ce livre n’aura pas la prétention de vouloir trouver une solution » au conflit israélo-palestinien, « ni d'être une analyse socio-ethnico-géo-politique ». Né dans le contexte des bombardements israéliens sur Gaza en 2014, le collectif s’est inscrit dans l’utilité d’apporter son soutien concret au peuple palestinien. Oui, parfois une réalisation artistique vaut plus qu’un texte ou un discours. Il en de même pour la calligraphie (mot freelestine en arabe) de Lyes Karbouai. Ce dernier illustre le plat verso de l’ouvrage de 80 pages. Les bédéistes, eux, ont au moins un dénominateur commun dans leurs bulles et dessins: des dates marquantes de l’histoire et/ou de l’actualité. De son trait fin et de ses lignes claires, Nawel Louerrad se pose la question de « que faire ? » alors que nous sommes « noyés dans le filet des images ». Elle n’hésite pas à comparer la violence incessante en Palestine à celle de la colonisation en #Algérie, non sans penser aussi aux conséquences subies par différents peuples en Asie et en Afrique. Qu’en est-il alors de l’amour de l’Homme envers son égal, s’il est lui-même un obstacle à l’idée même de se libérer des chaînes ? Togui, lui l'initiateur de ce projet de bande dessinée, opère dans un va-et-vient entre la réalité et la fiction. Parti d'une interview accordée à une chaîne de télévision, en pleine rue, il a du mal à lâcher le microphone. Il s'emporte, il ne contient pas sa colère. Peu importe ! Au cours de sa vie, ses positions ont changé, son opinion aussi. Il constate amèrement que durant tout ce temps, seule la Palestine n'a pas évolué. Il (re)plante l’emblème de cette nation à même le sol, signifiant qu'elle sera toujours là. Il y autant de détermination chez les participants à cette œuvre unique dans le genre.

Mohamed Redouane

Freelestine: Autoédition, Alger, octobre 2015.

Maquette : Toudji Oualid & Terbaoui Nacereddine.

Calligraphie : Karbouai Lyes.

Couverture : Togui.

Participants : Amine Siamer, Chafik Rouag, Dalia Siahmed, Khawla Houria Kouza, Nawel Louerrad, Sofiane Belaskri, Somar & Zaki Sallama. Togui.