Elle est bien révolue l’époque où l’on regardait un film en se disant : « Ah ! Il a de l’imagination ce réalisateur ». Car, de plus en plus, l’horreur que nous présentaient les cinéastes ou les romanciers dans des thrillers, n’est plus imaginaire. Nous vivons l’horreur ! Les attaques quotidiennes perpétrées par les terroristes au nord-est du Nigéria, et dans les pays voisins au lac Tchad de même que les derniers attentats de Tunis, de Beyrouth et de Paris, témoignent à suffisance cet état de choses. Dans un passé récent, c’est au cœur de Bamako qu’est apparue l’horreur dans toute son hideur, arrachant au passage la vie à une vingtaine de clients de l’hôtel Radisson Blue, au Mali.

Le Mali justement, c’est dans ce vaste pays d’#Afrique sub-saharienne en proie aux assauts sporadiques des terroristes que Jordan Seghers, le personnage principal de « L’angle de la mort », entreprend une mission dangereuse. Le roman d’Yves Marlière écrit en septembre 2014 et paru en janvier 2015 chez EdilivreEdilivre se présente comme un périple à travers la nébuleuse terroriste. L’ouvrage compte 356 pages et coûte 24.50 euros.

Pantin

C’est dans un cimetière de la banlieue parisienne de Pantin que l’aventure de Jordan Seghers prend ses racines. Ce jour-là, un riche industriel appelé Steinberg est abattu alors qu’il se recueillait sur la tombe de sa fille.  Les assassins qui ont décidé de commettre leur forfait dans un lieu aussi symbolique qu’un cimetière, enveloppent machinalement la tête ensanglantée de la victime dans une toile plastifiée et l’entrent immédiatement dans le coffre  de leur véhicule de marque Mercedes. Alors qu’ils s’apprêtent à quitter les lieux du crime, leur regard est attiré par la brillance d’une paire de jumelles. Jordan Seghers qui observait la scène depuis une fenêtre, vient d’être prit en flagrant délit d’espionnage. A partir de cet instant, sa vie bascule.  

Fauché comme un rat, Jordan qui recherchait un emploi tombe sur une annonce et s’empresse de postuler. Après plusieurs semaines d’attente, il reçoit réponse à sa demande. Le jour de son embauche, une surprise désagréable l’attend. Ses employeurs ne sont autres que les assassins du cimetière de Pantin. Il se rendra compte que la SAMSSTED qui lui a offert ce poste de chef de sécurité, est une épouvantable machine à tuer. Impossible de faire marche arrière car on a sans doute compris que c’était lui l’espion du cimetière. C’est dans ce climat de suspicion et de tensions qu’il quitte la France pour l’Afrique de l’Ouest, sous une fausse identité. Officiellement, il doit prendre part à la remise d’une offre de réalisation d’un ouvrage hydraulique. Mais en réalité, le « missionnaire » va à la rencontre d’un libanais de Kayes proche d’un réseau de terroristes, au Mali.

Kidal

A Kidal, théâtre des opérations où se côtoient différentes missions de maintien de la paix, Jordan découvre qu’il s’y passe des choses étranges : trafics d’armes, trafics d’êtres humains, manipulations, télescopages de réseaux terroristes… Le héro comprend que des entreprises occidentales sont au cœur de ce qui se présente comme étant la plus grosse mafia du 21èmesiècle. A Kidal comme à Sanaa la capitale yéménite, Jordan se fond dans les réseaux terroristes, mais comment fera-t-il pour en sortir indemne?

A travers « L’angle de la mort », présentée sur fond de digressions, c’est l’ordre mondial actuel qui est remis en question. L’auteur renseigne abondamment sur la genèse de nombreux conflits: Irak, Lybie, Syrie, Somalie, Mali… N’est-ce pas la faute aux puissances occidentales si tant d’armes de guerre circulent en Afrique et au Moyen-Orient? Si Mouammar Kadhafi ou Saddam Hussein n’avaient pas été éliminés, le terrorisme aurait-il facilement fait son lit dans leurs pays? S’interroge-t-il. D’où l’urgence de stopper ce « vent mauvais qui souffle sur le monde», à condition bien sûr, que les violons soient accordés. Challenge ou simple vue de l’esprit ? La question reste posée. #Lecture