SALAFISTES est un documentaire dans lequel les réalisateurs Lémine Ould M.Salem et François Margolin donnent la parole à des responsables salafistes au Mali, en Tunisie ainsi qu’en Mauritanie pour entendre leur vision du monde. Le film est entrecoupé de scènes de propagande sans voix off ni bande sonore. Le pari de ces deux réalisateurs est de laisser le spectateur seul face à ces images, pour qu’il prenne pleinement conscience de ce à quoi nous sommes confrontés.

Le film à suscité de nombreuses réactions, pour beaucoup il fait tout simplement une publicité impensable pour les pratiques des hommes auxquels on à donné la parole. Pour d'autres, il est nécessaire comme pour Claude Lanzmann, réalisateur du très grand "SHOAH" sorti en 1985 qui avait lui meme suscité de grands débats, qui s'est battu avec une lettre ouverte à Fleur Pellerin (ministre de la culture) pour que le film ne soit pas interdit en salles.

Le film est finalement autorisé mais avec une mention "interdit aux moins de 18 ans" ainsi qu'un avertissement, ce qui, pour beaucoup, signerait la chute directe du film. En effet, peu de #Cinéma ont décidé de programmer le film. Peu d'exploitants ce sont sentis de prendre un tel risque. Cependant, certains l'ont fait et ont défendus leur position par des textes visant leur public et lui expliquant que le cinéma est aussi fait pour déranger et qu'une opinion personnelle, en dehors du bad buzz que connait le film, ferait du bien aux spectateurs.

Effectivement, depuis des mois les médias n'ont de cesse de nous endoctriner dans des idées qui ne sont finalement pas forcément les nôtres. Et si, pour une fois, nous allions de nous mêmes découvrir les choses, entendre ce qui nous dérange, ou tout simplement tenter de comprendre ? Ce documentaire fait partie des #Films qui nous rappellent que le cinéma est aussi là pour nous déranger, pour nous sortir de nos zones de confort, pour nous interroger en tant que spectateur et en tant qu’humain afin que nous sortions de la salle grandis, muris ou simplement plus avertis.

Certes, le point de vue choisis par les réalisateurs est risqué, mais il est aussi une manière de nous dire qu'ils nous font confiance, qu'ils ont foi en l'intelligence des spectateurs et qu'ils ne souhaitent pas nous prendre pour des imbéciles incapables de réfléchir par nous memes. Il s'agit pour une fois de se retrouver devant quelque chose qui ne nous ment pas, qui ne cache rien et qui ne prétend en rien nous apporter des réponses, mais simplement une base pour ouvrir le débat entre nous, sur le chemin du retour. Que les consciences personnelles et intimes de chacun s'éveille et ne soit pas dirigées sans cesse par les médias, les politiques ou les non-dits.

Il ne s'agit pas là de politique, d'un avis tranché ni d'une directive mais simplement d'un coup de projecteur un peu moins dur pour ce film qui à demandé des mois de travail à ces deux réalisateurs, et qui fait partie des projets dangereux, intéressants et risqués qu'il est important de soutenir face à une industrie qui, elle aussi, est pleine de films qui ne cherchent plus à faire réfléchir mais simplement à divertir les spectateurs, et parfois de manière très grossière.