Elle est jolie la ville, parée de sa robe ocre de lumière du jour, tachetée du vert dur des orangers qui bordent les avenues. Lorsque le soleil descend, elle s'empourpre du reflet des briques rose des immeubles. Séville la perle, la rayonnante, l'envoûtante... Son secret: le charme ; Sa richesse : son passé d'où elle tire ses pouvoirs.

L'indécente beauté des arènes (du 18eme siècle), que les couleurs chaudes du sud et la pierre taillée embrasent, comme pour mieux faire oublier que l'on s'y assoit pour contempler la mort.

L'imposante, la gigantesque cathédrale, qui règne en maître au centre de la vieille ville. Etonnante perspective, qui, du parvis, laisse croire que le ciel est moins qu'ailleurs .

A quelques ruelles de là, cachés, comme tapit dans son enceinte, les jardins de l'Alcazar, d'une splendeur à couper le souffle. On y entre par une demeure (presque un château dans lequel séjourne la famille royale lorsqu'elle vient à Séville) , où s'y étale, du sol au plafond les mosaïques et le faste du style Arabo -andalou . On déambule dans les salles en regardant les murs comme des tableaux et en prenant, d'une aile à l'autre, l'air doux et humide des patios. Puis, dans les jardins, on découvre des bosquets romantiques, des roseraies, des allées bordés de palmiers, des buissons taillés à la "Le notre", des orangers, des hibiscus, Un paon et un canard qui s'amusent, et quelques senteurs d'épices fortes viennent chatouiller les narines sans que l'on sache d'où elles viennent . Le calme et la sérénité du lieu ajoutent de la beauté à ce lieu magique.

Les plus anciennes maisons de la vieille ville , fragiles mais très bien entretenues, sont protégées par les remparts. Un dédale de petites ruelles (pour conserver un peu de fraîcheur l'été), débouchent sur des petites places ombragées par des orangers (toujours, à Séville). Là encore, on se laisse emporter par la quiétude, les couleurs, l'intemporalité du quartier. Tandis que l'on admire les façades blanches des petites maisons, couvertes de pots de fleurs ou de massifs de bougainvilliers, on laisse volontiers l'imagination remonter le temps.

A quelque endroit où l'on se trouve, il y a une merveille à découvrir. Le palais de la constitution (ancienne école navale), l'imposant palais épiscopal, aujourd'hui une faculté, la tour "del Oro" sur les bords du Guadalquivir, le musée archéologique, celui des beaux-arts, tous vestiges d'un passé riche et florissant. Avec les églises et les jardins, c'est un tourbillon de plaisir et de charme, de sensibilité et ce petit quelque chose, indéfinissable, proche du bien être, qui vous donne envie de rester .....

Et.... il y a la "plaza de Espana" . Le palais d'Isabelle la catholique (en arc de cercle) y rayonne de beauté, sous le soleil qui fait briller les faïences ,les briques rouges , les poteries et le petit serpentin d'eau voué à des promenades en barque.

Séville n'en finit pas d'étonner. Du flamenco à la tauromachie, de ses vestiges architecturaux  à la nouvelle ville construite pour l'exposition universelle de 1992, elle accapare, enjôle, pousse la curiosité......et inspire. "Carmen" bien sur ne pouvait pas être d'ailleurs. Prosper Mérimée et Georges Bizet avaient vu juste. Beaumarchais, Rossini et Mozart tout autant, avec "le barbier" et "Figaro".  Des oeuvres qui, comme la capitale Andalouse, traversent les siècles sans se soucier du temps qui passe ....

Vous rencontrerez Carmen et Mozart, en bronze, qui se toisent sur "El paséo de Cristobal Colon" . Dommage que les autres artistes y soient absents ! #Espagne