Sur le sol, à l’entrée de la salle d’exposition, une petite flèche invite au voyage. Nous sommes au musée Théodore Monod (ex Institut fondamental d’Afrique noire, Ifan), au quartier Dakar-plateau, non loin de l’Assemblée nationale. Il est un peu plus de 15 heures, samedi 27 février 2016. Juste à l’aile gauche du hall d’accueil, un guide : Dieudonné, dont la présence en ces lieux n’est pas anodine. « Le voyage est long. Il débute ici au rez-de-chaussée, se poursuit via les escaliers pour prendre fin à la salle supérieure ». Voilà qui nous plonge illico dans le vif du sujet : la femme, mère de l’humanité, véritable architecte qui s’offre au visiteur sous toutes ses coutures. Ici, des piroguières se livrent à une partie de pêche, là, une femme se meut autour d’une bicyclette transportant des bidons d’eau, plus loin, une autre s’abreuve à la source de vie. Ce pan de l’exposition se veut un documentaire. Le voyage est entraînant. Derrière un rideau, des filets de pêche en réalité, le regard soutenu d’une adolescente rappelle aux visiteurs sa détermination à affronter les réalités du quotidien…, avec force et fierté.

Engagée

Pour ses trente ans de photographie, Angèle Etoundi Essamba a mis les petits plats dans les grands. Placée sous le haut patronage de la République du #Sénégal, l’exposition dont le vernissage au eu lieu le 19 février dernier, a vu la participation de l’ambassade des Pays-Bas au Sénégal ainsi que des officiels camerounais. C’est en tout 200 tableaux en petits et grands formats qu’elle met en vitrine sous le label « Force et fierté ». Les photos présentées pour la plupart sur fond perdu ont été tirées en acrylique et mat x dibond. « Elles ont été réalisées à Amsterdam où réside l’artsite », renseigne Jessia, responsable de la communication. Première grande rétrospective sur sa production photographique, « Force et fierté » est un témoignage et « un hommage mérité à une artiste qui a contribué à la contemporanéité de la photographie africaine et à la visibilité des #Femmes photographes sur la scène internationale », affirme Landry-Wilfrid Miampika, commissaire de l’exposition. Les photos ont été prises entre 1985 et 2015. Loin des « idées négatives véhiculées par ceux qui méconnaissent l’Afrique», celles-ci rendent avec poésie et plénitude divers états du corps féminin, « des fragments de vie et de tension entre l’histoire individuelle et collective des femmes d’Afrique et de la diaspora », ajoute-t-il.http://fr.blastingnews.com/strasbourg/2015/07/le-ciarus-et-stanne-vous-presentent-heredites-00461831.html

Dans ce qui se présente comme un dialogue du passé, du présent et du futur,  Foldé Camara et Tawfeex Design ont mis en exergue leurs talents de scénographes, en disposant le travail en trois grands ensembles : D’abord la collection Noir & Blanc qui regroupe des photos réalisées de 1985 à 2010. Ici, l’artiste ballote entre mystique, symboles, dialogues, portraits et contrastes. Vient ensuite la collection « Couleur »  dans laquelle des femmes se voilent et se dévoilent « Dans l’autre regard », où elle trouve leur « Eye-Dentity »… Enfin la collection « Invisible » plus récente, comporte des photos faites entre le Cameroun, le Bénin, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie et le Sénégal.  

 Sunu Naatal

En marge de cette exposition, Daouda Timera, Mata Nataal, Sega Niane, Diama Diop, Guistaw Fall, Ibra Khalil, Xaadim Bamba ainsi que Swado Wade, un collectif sénégalais appelé Sunu Nataal, qui s’abreuve à la source d’Angèle Etoundi Essamba, présente ses œuvres aux côtés de l’artiste.

« Forces et Fierté », jusqu’au 20 avril 2016,

Ouvert de 11h à 19 heures,

Musée Théodore Monod, Dakar.