Quelle est la particularité de la soirée de projection que le Cna organise ce 15 mars 2016 en banlieue dakaroise?

La présente édition est importante à plusieurs titres : d’abord, nous accueillons des invités importants que sont les présidents et représentants de tous les Cna d’#Afrique et de France, chose qui n’arrive pas tous les jours. C’est l’occasion de voir comment nous travaillons à notre niveau, d’échanger et de partager nos expériences respectives. Ensuite, nous recevons une délégation de la Duke University basée aux Etats-Unis. Celle-ci a entrepris de faire un travail documenté sur le réseau Cna et dès que le résultat sera disponible, nos partenaires seront informés. Enfin, la projection de ce jour a été précédée d’une causerie éducative avec les relais communautaires, les représentants de la commune de Keur Massar, les délégations du Comité départemental de protection de l’enfant (Cdpe), les groupements de femmes, l’association culturelle et sportives des jeunes (Asc) et l’association des jeunes espoirs de Boun (Ajeb). Nous avons abordé deux thématiques : la santé des enfants et l’état civil.

Comment le public a-t-il accueilli votre message ?

Ce n’est même pas un travail facile. Généralement, les gens attendent de voir le mal arriver avant de réagir. La causerie consistait donc à solliciter l’engagement des femmes pour assurer un suivi permanent dans leurs espaces respectifs d’organisation ainsi que les jeunes. L’idée est de promouvoir le mieux-être des populations avec des acteurs qualifiés comme les relais communautaires qui sont mieux qualifiés pour tenir ce genre de débat de sensibilisation. La causerie était encadrée par le Cdpe de Pikine. En ce qui concerne l’état civil, Keur Massar enregistre encore des problèmes, notamment des cas de naissances non déclarées à l’état civil. Il est important de préciser qu’il ne suffit pas tout simplement d’avoir un acte de naissance, il faut toujours déclarer la naissance d’un nouvel enfant et le faire auprès de l’autorité indiquée. Et, je pus vous dire qu’il y a encore, par ces temps insoupçonnés, des parents qui font la sourde oreille. Ils ne savent peut-être pas qu’ils pénalisent leurs enfants, car, dès que ceux-ci sont en âge de présenter un examen, ils se heurtent à la non disponibilité de ce simple papier. Et, les cas d’enfants ayant abandonné l’école faute de pallier à ce manquement sont légions. Nous voulons donc rappeler aux parents qu’il en va de l’avenir de leurs enfants. Imaginer votre fils quitter prématurément les bancs et devenir plus tard un délinquant, un raté de la société, ça fait mal. Or, il ne coûte pas grand-chose à un parent de se plier à cette exigence. A Kolda par exemple, quelque 7.500 enfants en âge d'aller à l'école ne sont pas déclarés à l’état civil, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), selon Panapresse. 

Ce n’est pas la première fois que vous organisez de tels échanges. Avez-vous l’impression que les parents vous écoutent vraiment ?

En effet, nous faisons un travail méthodique. Dans un premier temps, nous allons renforcer la stratégie nationale de protection de l’enfant (Snpe) afin d’atteindre des résultats probants pour 2015/2016. Et c’est là où la projection des films revêt toute son importance parce que, parler aux gens, c’est bien, mais leur parler à travers le #Cinéma, c’est encore mieux. C’est la tradition au Cna, c’est le challenge que s’est fixé le réseau. Eduquer à travers le cinéma afin que celui-ci ne soit pas considéré simplement comme du divertissement, mais un véritable outil au service de la communauté.  http://fr.blastingnews.com/culture

Qui accompagne le Cna dans cette initiative ?

la Direction de la cinématographie, le Cdpe, l’Unicef Sénégal, la commune de Keur Massar, la Duke University,  nous accompagnent dans cette tâche.http://fr.blastingnews.com/culture/2016/02/dicaprio-enfin-detenteur-de-la-celebre-statuette-pour-son-role-dans-the-revenant-00814391.ht