J'en avais entendu parler, mais le film "Alice, de l'autre côté de miroir" vient de sortir dans les salles de cinéma. Ce serait la suite de la version de Tim Burton, avec les mêmes acteurs principaux / Mia Wasikowska (Alice), Johnny Depp (le Chapelier Fou) et Helena Bonham Carter (la Reine Rouge). Sauf que Tim Burton a passé la main à un autre réalisateur, James Robin. Je n'irai pas voir ce film en salle. J'attendrai plutôt de le découvrir à la télé ou en vidéo. Et voici  pourquoi…

 

La première fois que j'ai voulu voir la version de Tim Burton, à la télé et en français, j'avais raté presque la moitié du film et je n'ai donc pas trop compris l'histoire... Finalement, j'ai pu revoir le film en version anglaise, sur la BBC, fin Décembre dernier. Et je reste toujours aussi partagé sur l'adaptation du cinéaste américain… Beaucoup trop de différences entre le scénario du film et l'histoire originale (pour infos, Alice n'a que 8 ans dans le livre et n'a donc rien à voir avec l'adolescente de Tim Burton !). J'ai, surtout, été déçu par un excès d'effets spéciaux et d'images de synthèses. Où était passé le côté poétique et comique du conte ? Je m'attends donc au pire pour la nouvelle adaptation… qui plaira, peut-être, à un public qui n'a pas lu le conte !?

 

Flash-back. J'ai découvert l'univers d'Alice au Pays des Merveilles très jeune, j'avais 5 ou 6 ans, à travers un livre illustré pour les enfants (peut-être une adaptation du film des Studios Disney, un de leurs meilleurs dessins animés des années 60). Et j'en avais retenu le fameux épisode final des cartes attaquant Alice, juste avant son réveil. Le conte raconte le rêve de la petite fille, qui s'est assoupie par une chaude journée d'été, au cours d'une promenade à la campagne avec ses 2 sœurs. D'après un documentaire de la BBC, Lewis Carroll se serait inspiré de ses relations amicales avec la famille du Doyen Liddel, dont la fille cadette Alice était sa préférée. On peut donc dire qu'Alice a réellement existé, mais qu'elle n'a pas vécu ses aventures imaginaires.

 

Dans les années 90, j'avais presque complètement oublié le conte, avant de le retrouver, par hasard, dans ma bibliothèque. Une traduction en français de la première partie de l'histoire, la plus connue, avec le Lapin Blanc, le Cheshire-Cat, la Chenille, le Chapelier Fou et la Reine de Cœur. Univers absurde où des animaux discutent avec une gamine, très cultivée et intelligente pour son jeune âge.

 

J'avais ensuite lu, en français, la suite du conte "De l'autre côté du miroir", beaucoup plus complexe. En fait, c'est une partie d'échecs où le temps et l'espace changent régulièrement, et dont les personnages sont totalement différents de la première partie, à l'exception du Chapelier Fou qui revient aider Alice. J'avais beaucoup moins accroché, même si la suite vaut la peine d'être lue, par curiosité.

 

Mais je ne connaissais toujours pas la version originale du conte, que j'ai (enfin) lu l'été dernier, dans une édition très documentée. Ce qui m'a donné un éclairage assez inattendu, sur la vie et les influences culturelles de l'auteur. Car le conte n'était pas seulement destiné aux enfants, mais également à un public d'adultes. Et cachait  "une critique" de la société victorienne très conservatrice de l'époque. Quand on apprend que Charles Dodgson, le véritable nom de Lewis Carroll, était aussi professeur de mathématiques de l'Université d'Oxford, on comprend mieux pourquoi Alice n'arrête pas de grandir et de rétrécir, de courir mais sans bouger ! Ce qui ne manque pas de provoquer des situations très drôles. Merci Lewis Carroll ! Alice a déjà 150 ans (première édition originale en 1865) et n'a pas pris une ride !

 

  • "Alice au Pays des Merveilles" Folio Junior Edition Spéciale 437
  • "Alice's Adventures in Wonderland and Through the Looking-Glass" Oxford World's Classics

 

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