L'un chante, l'autre compose de la #Musique.

 

Le premier, Kamel Hicham a tellement eu de problèmes pour obtenir sa carte vitale, qu'il a baptisé son site ainsi : Carte Vitale. Deux ans dans la rue à tenter de survivre, dormant "dans son escalier" comme il dit. La douche, c'est une fois par semaine et pas question d'arriver en retard. Les vêtements à un endroit, avec le RSA comme revenus, il mangeait comme il pouvait. Sa force, c'était ses mots qu'il lançait à la cantonade, du haut de ses deux mètres, marchant dans la rue, le casque sur les oreilles, amoureux des chansons que sa mère écoutait. 

 

Le second, c'est Shem, compositeur et artiste. Timide et peu exubérant, il marche tête baissée, à l'affût de ces détails oubliés de la vie quotidienne. Souvent il les ramasse, les collectionne. Méditatif et contemplatif, il accompagne Kamel, fasciné par sa parole qui s'écoule, cette cascade de mots sans retenue, prêts à faire craquer la digue.

 

Leur rencontre fut simple. Comme souvent, Kamel chantait dans la rue. Shem était attablé au bar. Ils ont discuté, et partagé leur monde. C'est ma thérapie à moi, ne se lasse de répéter Kamel. "Je chante la misère, mes galères, la drogue et son enfer. Mais je n'oublie pas l'amour, les rêves". "Condamné à la liberté à perpétuité", c'est un de ses mots préférés. "Je vous baptise au nom du Père, du Fils et de La Seine Saint Denis" aussi. "Un jour je suis parti à Lourdes, avec le curé de la Paroisse". Il rit. "On allait peut-être trouver une place dans la grotte !" ajoute-t-il.

 

Il flâne dans l'atelier de Shem. Si celui-ci a découvert un talent, une parole vive, Kamel a découvert le pouvoir de la culture. Sa scolarité fut chaotique. Autant dire qu'il est passé à côté de l'école. l'école aussi l'a négligé. Un jour, on lui a dit : "tu seras carrossier". Une autorité qui le dépassait et qu'il ne comprenait pas. Alors c'est les plans B, histoire de survivre, d'obtenir cette reconnaissance qui fait exister. Quand il tient le micro, il est lui.

 

Parole certes envahissante, elle captive l'oreille par ce qu'elle dit. Kamel cherche du sens à cette vie qui est la sienne, lui le "franco-maghrébin" comme il dit. Sa parole, la voilà...

 

#Education #Art