On se représente le vieux maître tel son autoportrait, mais nul doute que le roublard farceur s'est embelli, a accentué le regard un brin narquois et épaissi sa barbe de sage. Ce trublion magnifique fait couler beaucoup d'encre depuis seulement un peu plus d'un siècle, c'est à dire depuis que les musées ont compris qu'ils devaient attirer une clientèle indispensable à l'entretien et à l'étoffement de leurs collections. Le coup de la Joconde est probablement la plus extraordinaire opération de communication jamais vue dans l'histoire moderne.

 

Personne, jusqu'à la fin du dix neuvième siècle, ne se souciait de la vie de cet homme disparu en 1519. Les troupes de Napoléon, lors de la campagne d'Italie, firent une halte au couvent de Santa Maria Delle Grazzie, et le réfectoire dans lequel De Vinci a peint la Cène fut transformé en écurie. Autant dire à quel point on était sensible à l'#Art du maître. Lorsque l'on se penche sur la description qui est faite de ce grand homme, on tombe à la renverse ! Comment pouvons nous exister sans honte, eu égard à ce que peuvent être certains destins ? Rien de moins que peintre, sculpteur, scientifique, ingénieur, botaniste, anatomiste... et je ne fais pas la liste complète, sans quoi mon article ne serait pas publié, car je suis limité en nombre de caractères !

 

Si cet homme aux multiples offices était né aujourd'hui, il aurait passé beaucoup plus de temps avec son expert comptable et l'URSSAF, qu'à créer. Si l'on ajoute à cela qu'il avait apparemment une vie intime très active, on se demande quelles sont aujourd'hui les véritables raisons du burn-out ! Et tout cela sans internet et sans chauffeur. 

 

Mais n'était-ce pas un peu trop pour un seul homme ? Il faut reconnaître que le monsieur a toujours eu du mal à finir ce qu'il s'engageait à réaliser, et les commanditaires devaient souvent se montrer pressant pour obtenir que les commandes soient achevées. Ce qui d'ailleurs fut le cas pour la Cène. La précipitation dans laquelle elle fut terminée nuit d'ailleurs gravement à son état de conservation : on ne peux pas triturer des membres, planter des légumes, dessiner des hélicoptères et sculpter un cheval, tout en peignant une fresque dans un réfectoire de couvent. Tout cela fait très brouillon et un brin amateur. Mais là, j'avoue, c'est un peu la jalousie qui pointe...

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le bonhomme a tout fait pour se faire remarquer. Et il y est parvenu, sur le tard il est vrai, mais sponsorisé par le Roi de France tout de même ! Quand on tente d'imaginer, ne serait-ce qu'une minute, la somme colossale de travail que représentait l'ensemble des inventions et des oeuvres d'art réalisées, on se demande aussi pourquoi il a compliqué sa tache en écrivant à l'envers. Pas de doute ! Il avait vraiment envie de faire la Une des journaux !

 

La Joconde, cette #Peinture mondialement connue, est un symbole de l'oeuvre de cet homme. Petite peinture, mais regroupant à elle seule tous les mystères que nous nous évertuons à vouloir y déceler, alors que probablement Léonardo s'est contenté de la peindre entre deux coups de bistouri, sans chercher à en faire un rébus. Il n'avait pas de temps pour ces gamineries, et quand on a comme lui, autant de pain sur la planche, il vaut mieux aller directement à l'essentiel.

 

Le maître nous laisse des toiles inachevées et des oeuvres d'une grande beauté. Quand on pense qu'aujourd'hui la majorité des citoyens ne travaille que 35 heures par semaine, part en vacances presque deux mois par an, si l'on compte les jours fériés, qu'ils récusent de travailler le dimanche... c'est pas demain la veille que le génie du siècle émergera de notre société.  #Musée