Créer dans le fond d'un atelier, dans l'isolement et souvent sans le sou, c'est le quotidien de la plupart des artistes. Les oeuvres s'accumulent dans un coin, et leur créateur sent monter en lui la frustration de ne pouvoir les porter à la connaissance du public. "Faites que votre tableau soit toujours une ouverture au monde", disait Léonard de Vinci. Mais pour permettre au tableau de vivre au travers du regard des autres, il lui faut un lieu adapté à sa mise en scène. Et c'est là qu'interviennent de nombreux professionnels ayant pignon sur rue et un carnet d'adresses bien rempli. Propriétaires de galeries, collectionneurs, mécènes, les gens honnêtes et efficaces, passionnés aussi, ne manquent pas. Mais il y a les autres...

 

Les organisateurs de "salons": bienveillants à la dent longue...

 

Alors que le désespoir est grand pour celui qui oeuvre chaque jour dans la solitude, une annonce de salon local peut séduire. Il suffit de prendre contact avec l'organisation et le miracle s'accomplit : les toiles sont exposées. Mais pour cela, il n'y aura pas eu de sélections, pas d'avis émis par un expert avisé, par de ligne de style à respecter, pas non plus de garantis quant à la qualité des visiteurs, alors que dans le cadre d'une #Exposition organisée par un professionnel, des invitations ciblées sont envoyées. Les portes de la foire sont ouvertes ! Il aura suffit d'allonger un chèque au bout du pinceau et le peintre occasionnel se retrouve accroché sur les murs ! Le miracle de l'argent a opéré, encore une fois, bien souvent au détriment de la qualité. Les organisateurs de ces foires ordinaires ne prennent aucun risque puisqu'ils font payer le droit d'exposer et en ajoutent une couche en prélevant un droit d'entrée au public, et souvent une commission sur les ventes. La bonne affaire !

 

Ne pas vendre son âme au diable et persévérer... une notion au sens oublié.

 

Payer pour exposer, c'est une forme de manque de confiance en soi. La remise en question de la qualité du travail est certainement une des meilleures armes pour progresser et atteindre un niveau qui permet d'être invité à des salons. Et c'est une des raisons pour lesquelles notre société ne doit pas tourner le dos à la méritocratie. Essayer de parvenir à un résultat digne d'être présenté et apprécié par le plus large public, c'est l'effort quotidien et acharné de toute une vie, et encore, le temps et l'acharnement ne font pas tout. Aujourd'hui tout le monde peint ! Mais doit-on pour autant supporter le barbouillage de certains sous prétexte qu'ils ont les moyens de payer pour s'afficher en public ? Le risque est que le public se perde totalement dans une opulence médiocre, et finisse par déserter des lieux d'exception qui méritent pourtant leur attention. Si demain, il suffit de payer pour que certains affichent leurs croûtes sur les murs des musées, il en sera fini de l'excellence de la culture française. Elle a déjà du plomb dans l'aile, alors n'en rajoutons pas.

 

Un organisateur d'exposition d'#Art qui fait payer, est une personne qui part convaincue d'avance qu'elle n'apporte pas les moyens et l'expérience nécessaires pour faire vendre les oeuvres présentées. Cas contraire, elle se paierait en prélevant des commissions. Certains artistes en herbe diront que c'est une façon de se faire plaisir et que c'est "sans prétention", mais peut-on à la foi proposer un travail digne d'être affiché en public et ne pas avoir de prétention ? C'est là une forme d'un certain dédain à l'égard du public. "Toute grande oeuvre d'art est le fruit d'une humilité profonde." Valéry Larbaud.

  #Peinture