Les Haras Nationaux, répartis sur l'ensemble du territoire, ont d'abord servi les intérêts du développement et de la préservation du cheptel, surtout pour des nécessités militaires. Le cheval doit d'abord servir les armées, et à ce titre, la nécessité d'en assurer la fourniture est un enjeu primordial. Garantir la production des meilleurs éléments en étant d'abord vigilants sur le choix des races en fonction de leurs implications militaires, a permis dés le règne de Charlemagne, de porter une attention particulière au cheptel du territoire.

 

Naissance d'une "maison" de prestige...

 

Le Moyen Âge est une époque de fortes contributions étrangères aux apports de sangs neufs, notamment de races en provenance de pays du nord de l'Europe, puis de ceux d'Asie et d'Afrique au moment des croisades. L'élevage se cantonne aux nécessités seigneuriales, toujours pour des raisons militaires, puis la Guerre de Cent Ans décimera une grande partie du cheptel. Viendront ensuite les campagnes italiennes de la Renaissance puis de nombreuses autres guerres qui accentuent encore davantage le déclin de l'élevage français. Il faudra attendre le règne de Louis XIV pour voir naître, par un décret de 1665, les Haras Nationaux. 

 

Le Haras du Pin fut le premier... sera-t-il le dernier ?

 

Le premier haras à voir le jour est le Haras du Pin, un domaine normand de 1200 hectares. Suivront les naissances de 23 autres établissements disséminés sur tout le territoire français. La révolution de 1789 met fin à l'activité des haras et il faudra attendre 1806 pour que l'Empereur, grand amateur de chevaux, mais aussi grand consommateur pour les besoins de ses innombrables campagnes, les rétablisse sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur. L'apparition des blindés met un terme aux besoins militaires et les haras se recentrent sur les besoins agricoles, avant d'entamer une orientation vers la compétition et le loisir.

 

De nombreuses restructurations et des transferts d'autorités à divers ministères jalonnent la vie difficile des haras nationaux. Pointés du doigt par le Ministère des Finances pour leur entretien très coûteux, on peut regretter qu'aucune instance de terrain ne se soit davantage impliquée dans la recherche de solutions viables et adaptées à notre époque. Une institution trop dominée par l'aspect prestigieux, au détriment d'une rentabilité absente.

 

L'inexorable déclin programmé.

 

Bien des questions se posent encore sur les véritables raisons d'une telle décapitation institutionnelle. La non rentabilité, si l'argument est fondé, aurait du faire l'objet d'une politique plus commerciale, plus rigoureuse, remise entre des mains de chefs d'entreprise plus accès sur la compétitivité plutôt que la recherche de gloire personnelle. Il est aujourd'hui trop tard : les établissements ferment les uns après les autres. Ils tombent en ruine avant d'être mis en vente. Certains jouent leurs dernières cartes en organisant des spectacles dans lesquels le cheval, auparavant glorieux pensionnaire, a régressé au statut de bête de cirque.

 

Un pan de notre #Histoire se referme comme les volets décrépits des écuries vides. #Gouvernement #Agriculture