L'art s'intéresse à l'enfant pour des raisons qui dépassent le cadre social. Bien sûr, toute oeuvre est témoignage d'une époque mais pas seulement. Toute oeuvre a une dimension symbolique, au sens où elle a des codes qui sont à interpréter pour en dégager du sens. Si on compare ces deux tableaux on verra que le thème de l'enfant, en tant que sujet de l'oeuvre d'art, est tardif. Le premier est celui de Lubin Baugin, La Vierge, l'enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste, qui date du XVIIe siècle.

 

Le second est de Paolo Veneziano, La vierge à l'enfant (1354). Si on regarde attentivement celui de Paolo Veneziano, la Vierge est en majesté. Le doré et le rouge en sont la marque. Elle porte la couronne et sa taille est démesurée. Ici nulle règle de perspective. Ce n'est pas pour une simple raison d'ignorance. La #Peinture est au service du religieux et il ne s'agit pas de la ramener à la proportion humaine qui serait de l'ordre du contresens. C'est pourquoi l'enfant n'est nullement réaliste au sens où on l'entend. Il ressemble à un adulte en miniature, est sérieux, en attente de la mission divine qui sera la sienne. L'ordre de mesure c'est le divin. le regard de la mère est dirigé vers nous, avec la profondeur de cella qui sait ce qui va arriver à l'Enfant divin. Les deux mains se rapprochent - on pense alors à la reprise qu'en fera Michel Ange - formant avec la tête, un triangle nous renvoyant à la Sainte-Trinité.

 

Le parti-pris de Lubin Bugin est radicalement différent. Les règles de la perspective sont connues et appliquées. On insiste ici sur la dimension humaine, s'éloignant ainsi du message religieux. La mère et l'enfant ont un rapport empli de tendresse. Les deux regards se renvoient l'un l'autre. Seul Saint Jean-Baptiste regarde interrogatif le couple que forme la mère et l'enfant. De la tension du mouvement ascendant du corps du christ, auquel fait pendant le regard baissé de la vierge, on mesure la tragédie à venir. Cette fois-ci elle est à mesure humaine.

 

Point de départ vers l'enfant peint pour lui-même, ce tableau est aussi la tension de la fin d'un genre dominant jusqu'alors. La douleur, la mort échappent à la représentation religieuse. Lugin Baugin, au milieu du XVIIème, siècle les peint ainsi : Ce dessert de gaufrettes nous renvoie à la fragilité de la vie, le verre est encore plein...mais plus pour longtemps. L'art attribuera bientôt un autre statut à l'enfant : l'héritier de l'idéal familial bourgeois, ou le modèle de misère...ou ...

 

  

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