Les prestigieuses écoles telles que l'Académie des Beaux Arts de Paris, mondialement réputée et fréquentée par des apprentis artistes internationaux, ouvrent au plus grand nombre les portes d'ateliers de formation. Les candidats sont reçus sur dossier, ce qui permet une présélection qualitative indispensable. Les établissements s'assurent ainsi du réel potentiel des candidats, permettant d'écarter ceux dont les bases requises ne seraient pas suffisantes. Ce système est essentiel si l'on veut garantir un niveau tirant vers le haut et permettre d'établir un niveau planche,r qui facilitera la diffusion et l'assimilation des connaissances techniques par les élèves.

 

Autodidactes ou travailleurs acharnés, il y aura de toute manière différentes origines à la naissance d'une vocation. Par contre, le corps enseignant échappe partiellement à cette règle de sélection. Jusqu'en 1985, les maîtres d'ateliers étaient recrutés parmi les anciens élèves devenus assistants. Leurs qualités artistiques, leurs capacités à transmettre et leur personnalité étaient déterminantes dans ces choix : un choix au mérite qui assurait un passage de témoins à des gens compétents et connaissant parfaitement bien le fonctionnement de l'Académie. Jack Lang, alors Ministre de la Culture, change les règles en attribuant ce recrutement directement au ministère de tutelle, c'est à dire le sien, celui de la Culture.

 

Cette volonté trop actuelle du socialisme à s'immiscer dans l'enseignement jusque dans ses moindres rouages, explique fort bien le degré d'échec dans lequel baigne aujourd'hui le système scolaire français dans son ensemble. Mais plus grave encore, ce sont les conséquences de cette politique invasive qui touche subtilement, et je dirais même vicieusement, un grand nombre de pays étrangers, une part importante des élèves venant du monde entier se retrouvant intoxiqués. Lorsqu'un certain socialisme infiltre la colonne vertébrale du savoir d'une nation en inoculant à petite dose un virus qui colonise l'ossature toute entière, la propagation d'idées et de principes s'opère de manière insidieuse et permanente. Reste alors à mettre à la tête des établissements-clefs des hommes et des femmes proches des cercles d'influence, et le tour est joué.

 

Aujourd'hui, si l'on y consacre tout notre temps, si l'on croit suffisamment en soi pour surmonter les nombreux moments de déprime, avec une grande capacité à se remettre en question fréquemment, un artiste qui a du talent peut très bien se passer du confinement en école d'#Art. Côtoyer des artistes divers et variés, se fixer des objectifs réalistes, fuir autant que possible les assistances matériels étatiques qui vous feront tomber dans un assistanat castrateur, et vous pouvez foncer tête baissée dans l'exploration de votre art.

 

La formatation des enseignements académiques peut mettre un frein à l'épanouissement personnel. D'aucun diront "qu'il est indispensable d'acquérir des bases techniques pour parvenir à s'exprimer", ce à quoi je réponds "que la technique est subjective si l'on prétend développer ses propres moyens de travailler sans vouloir entrer obligatoirement dans le moule conventionnel". L'acquisition de cette "fameuse technique" ne signifie rien aux yeux de l'artiste. Elle n'est que le pendant d'un système qui a du mal à créditer les autodidactes, comme si leur état était tellement anormal, presque "illégal". Il faut tellement trimer dans notre monde pour prétendre toucher du doigt la réussite que l'autodidacte passe pour un usurpateur. L'autre élément caractéristique d'un monde en constant manque de repères rassurants, ce sont les diplômes : la sanction suprême, le sésame indispensable pour être admis dans la confrérie des méritants.

 

Ce que le système oublie, c'est que l'artiste est avant tout un être qui exprime son besoin de liberté et son infini désir de ne dépendre de rien ni de personne. Peut-être est-ce cela qui dérange... #Education #Exposition