L'#Art... comme je l'ai écrit précédemment pour Blastingnews, la position de l'artiste dans notre société est essentielle. Elle détermine les sensibilités et les inclinaisons des civilisations et transmet au monde futur les éléments requis pour témoigner d'une certaine forme d'existence. Il n'est pas utile de rappeler ici les témoignages poignants laissés sur les parois rocheuses des grottes, ou l'utilité avérée des oeuvres gigantesques de l'Egypte ancienne. On est donc en droit de se demander ce que penseront les générations futures de l'oeuvre officielle que nous sommes sensés léguer. Si il s'agit des inquiétantes images, telles que celles que nous avons dû supporter récemment sur les pelouses du Palais de Versailles, alors il vaut mieux se prendre en main en essayant de corriger le tir en toute humilité.

 

Pour reprendre cet exemple qui me tient à coeur - car j'ai passé des mois dans les allées du parc à crayonner les statues et les fontaines et j'y ai rencontré le restaurateur de la salle des batailles qui m'enseigna bien des choses intéressantes et me permit d'avoir accès à des parties du palais fermées au public - la porte ouverte à ce genre d'excentricité décrédibilise le monde de l'art en le tournant en ridicule. Je fais, bien entendu, allusion à l'invitation de Anish Kapoor au coeur de ce que la France a de plus noble. Il faut vraiment que le conservateur du Palais soit aux abois pour permettre à un ferrailleur de défoncer les pelouses, alors qu'habituellement il suffit d'y poser le pied pour être mis à l'amende !

 

Alors "oui !" la question se pose : qu'allons-nous laisser au monde futur afin que les générations à venir puissent étudier notre belle civilisation ? Heureusement, il y a de la puissance et de l'émotion qui se dégagent de l'oeuvre de certains artistes contemporains. Les égyptiens nous ont laissé les premiers tags de l'humanité, aujourd'hui nous en couvrons les murs afin de cacher la misère des quartiers délabrés. La technique a changé. Pas certain que les peintures de rues résistent au labeur du temps.

 

Heureusement nous pouvons compter sur Monet et ses amis, portés au firmament par les collectionneurs spéculatifs. Car nous touchons ici au coeur du problème actuel : la corruption de l'art. Si le Palais de Versailles n'avait pas besoin de capitaux privés pour colmater les fuites de sa toiture, jamais un monceau de tôle n'aurait franchi les grilles. Seulement, le gentil mécène aime bien gagner de l'argent pour pouvoir en dépenser, alors il fait un chèque au palais et en contre partie, il impose la mise en scène de l'artiste sur lequel il mise pour augmenter sa fortune. Bien des créations actuelles atteignent des évaluations record. Mais souvent au détriment de la véritable valeur artistique intrinsèque.

 

"Il en faut pour tous les goûts", entendons-nous souvent. "Dommage que certains goûts doivent s'exprimer", pourrait-on ajouter. Mais l'inquiétude se porte aussi sur l'art musical, en plein déclin, en pleine tourmente. Une chose est certaine: nous atteignons les sommets de l'absurde. L'art est un pan de la culture globale, et le vrai problème actuel, c'est la disparition planifiée de la culture.

 

Heureusement, de nombreux artistes oeuvrent dans l'ombre, créant incessamment car ils sont nés pour cela. L'art ne s'apprend pas, il se ressent, se vit et s'épanouit par le travail acharné de toute une existence. On ne devient pas artiste. On naît artiste. Donnons au monde le meilleur de nous-mêmes, en toute humilité. Et soyons pendant toute notre existence des artistes insatisfaits en recherche de perfection. Seule l'insatisfaction nous fait progresser. #Finances #Histoire