Richard Taillefer, c'est un poète débraillé et engagé. Il est originaire d'un petit village médiéval dans le Var, au pied des gorges du Verdun, qui se nomme Montmeyan. Mais l'espace d'un week-end, tous les ans, grâce à Richard, ce village prend le nom de Montmeyan en Poévie. Minot, il aime le football et porte le maillot de l'#OM pendant trois-quatre ans. Ce qui ne l'empêche pas de regarder pendant des heures peindre son père (c'est d'ailleurs un bon peintre amateur ; il peint au couteau) dans sa véranda transformée en atelier.

 

Son nom lui soumet dans un premier temps une vocation car il fait des études d'ajusteur et de fonderie. Puis, il rentre à la #SNCF et conduit des trains, qui ne s'arrêtent pas à toutes les gares. C'est à partir de là qu'il se démène pour les autres avec des activités syndicales et des mandats d'élu comme maire-adjoint chargé de la culture dans la ville de Savigny-le-Temple. Il crée en 1981 une association en poésie et une revue "Poésimage" dont il sortira 34 numéros. En 1992, il devient président d'un espace culturel, l'Espace Prévert à Savigny-le-Temple, lieu dévoué à la musique, aux arts plastiques, au cinéma.

 

Il a publié un bonne dizaine d'ouvrages, qu'il fait connaître en gravitant sur les réseaux sociaux, les blogs, les revues spécialisées dans la poésie. Il participe aussi à des salons du livre. Sa première publication remonte à 1977, l'année du décès de Jacques Prévert. Peut-être qu'intérieurement, il espère incarner une partie de son oeuvre dans ses propres écrits, ses propres poèmes ? Il faudrait lui poser la question. Il a participé à nombre de recueils, de revues, de cahiers et a sa page sur Wikipédia.

 

Richard Taillefer est parfaitement reconnaissable grâce à sa pipe de Cogolin qui sort goguenarde de ses moustaches fleuries. C'est ce qui l'aide, en toutes circonstances, à écrire des textes qui se répondent les uns aux autres, autour d'objets familiers, des #Livres, dans son espace de vie. Il aime écrire la nuit de minuit à trois heures. C'est un révolté, un écorché, un amoureux, un émerveillé, qui nous clame ses peines, ses douleurs, ses sourires, toujours avec une certaine distance entre l'auteur et l'homme. Il aime bien citer Rimbaud quand il écrit : "Je est un autre".

 

Ses mots proviennent d'une réalité qu'il enrichit d'un imaginaire. Il avance vers sa propre vérité en croisant ses personnages qui sont bien vivants. Il ne prend pas de notes. Il écoute et observe. Il ne le sait toujours pas. La naissance d'un poème est toujours un mystère. Il le prend comme un compagnon au long cours. Son dernier recueil est Poévie Blues, publié chez Prem'edit. Marina Nicolaev a rédigé la préface de ce livre en utilisant les mots "esquisses", "formules littéraires", "musique de l'âme", "solfèges des autres" ou encore "échos inconnus immanquables".

 

Alors, si vous aimez notre ami le poète débraillé et sa pipe de Cogolin, venez le rencontrer au festival de poésie de MONTMEYAN en PoéVie, les 5 et 6 Août 2016, deux jours consacrés à la poésie dans un cadre magnifique. Dix-huit poètes se relayeront pour déclamer leurs poèmes, certains dans les rues du village, d'autres dans des salles. Il y aura aussi une scène ouverte le soir où seront partagés, non seulement le repas, mais aussi les poésies.

 

Un prof qui écrit et peint

Le photographe de l'imaginaire