« Love and Friendship » est en fait le titre d'une nouvelle écrite par Jane Austen mais le film est inspiré du #Roman épistolaire « Lady Susan » de la célèbre auteure anglaise Jane Austen.

Elle l'écrit alors qu'elle est agée de 19 ans, avant de connaître le succès avec notamment « Orgueil et préjugés » et y présente déjà ses thèmes récurrents que sont les codes et l'hypocrisie de la bourgeoisie anglaise, entre huits clos dans de grandes maisons de campagne et agitation londonienne tractant des mariages non pas d'amour mais de bonne fortune.

Synospis :

Lady Susan Vernon est une très belle femme bourgeoise qui s'allie à de riches hommes qu'elle peut aisément manipuler pour obtenir un cadre de vie confortable pour elle-même et pour sa fille adolescente, Frederica. Alors qu'elle devient veuve, elle se met en quête de nouveaux prétendants, nourrissant une jalousie irrépressible envers sa fille, qu'elle tente de maintenir perpétuellement dans son ombre.

Ravie de semer la discorde dans les familles anglaises, trompant ses amants comme ses amies pour parvenir à ses fins, Lady Susan excelle dans l'art de retourner les situations et adore plus que tout se faire aimer de ses détracteurs, juste par vengeance et effet de style.

Parviendra-t-elle à ses fins et par quels stratagèmes ?

Mon avis :

Si je dois noter qu'il y a quelques longueurs et un rythme parfois ralenti à l'extrême à la manière du roman, le visuel très théâtral des costumes et l'aspect très réaliste m'ont séduit. J'ai pu me projetter l'espace de quelques heures dans le passé, retrouvant cet univers que j'avais vu notamment dans « Madame Bovary » et que l'on cherche à retrouver au travers d'un film comme on a plaisir à le ressentir en lisant.

Au fil des scènes, coupées  par la présentation des protagonistes et de leurs traits de caractère principaux, le cadre est posé et l'intrigue annoncée dès le début comme avant d'entrer sur les planches. Il n'y alors plus qu'à se laisser porter, entre l'idiot richissime, le jeune premier naïf, l'amant expérimenté marié, au travers des yeux de l'héroïne dont le regard est tronqué par une mauvaise foi sans bornes.

J'ai trouvé jubilatoire de voir Lady Susan reprocher des manques de délicatesse ou de politesse à l'épouse de son amant, aux gens qu'elle escroquent, à sa famille chez qui elle stagne des mois durant en soutirant de l'argent, justifiant cela avec brio dans des effets de manche et des phrases très bien tournées qui m'ont aidé à renouer avec Jane Austen.

Kate Beckinsale a une interprétation juste et une élégance charismatique dans les films d'époque, et elle porte à merveille la perruque et le corset pour le plaisir des spectateurs, illustrant bien le sex-appeal de Lady Susan plutôt avant-gardiste.

Je vous invite à découvrir ce film, vous pourrez y retrouver l'esprit british, une critique acerbe de l'hypocrisie bourgeoise du XIXe siècle sur fond de costumes très réalistes pour remonter le temps l'espace d'un instant.

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