Une enfance quelque peu usurpée et malmenée, une évolution en dehors de toute normalité, une décision à prendre la plus difficile qui soit, autant d’éléments qui ont amené l’auteur de cet ouvrage à se confier à travers ces pages dans un témoignage émouvant.

 

Chez la narratrice, très tôt le besoin d’enfanter se fait sentir comme une étape cruciale, sinon vitale, dans son parcours. Survient une première grossesse nerveuse alors qu’elle n’a que dix-sept ans, et sans jamais avoir eu le moindre rapport sexuel. Alors, lorsqu’à dix-neuf ans elle découvre sa réelle grossesse, elle est contente et vogue sur un nuage. Cependant, cet état de liesse n’est que de courte durée, car le père ne veut pas de cet enfant arrivant trop tôt pour lui. Pour la jeune fille, le moment est tragique, car comment élever cet enfant, l’assumer, bien que désiré ? Elle sait que les conditions ne sont pas réunies et encore moins suffisantes pour accueillir ce bébé. Un horrible dilemme s’impose à elle.

 

Une décision qui inflige un cas de conscience extrême !

 

Le garder ? Ou se faire avorter ? Dans le premier cas de figure, seule, ce n’est pas possible ! Dans le second, comment ensuite vivre avec cet acte sur la conscience ? Elle est donc amenée à devoir prendre la décision qui sera certainement la plus difficile, mais aussi la plus grave de sa jeune existence, à savoir l’inévitable IVG. Les remords seront quasi instantanés : "À trop vouloir un enfant, j’ai fini par en tuer un !", confie l’auteur. S’enchaînera une profonde mésestime de soi où elle ne s’épargne pas : "J’étais devenue un monstre. Mon bébé […] avait été tué par sa maman !"

 

Au cours de la #Lecture, on ressent la souffrance de l’auteur presque à chaque instant. Elle est seule, une solitude difficilement acceptable ou gérable. L’homme, son homme, est quasi inexistant dans les pages de ce témoignage et dans la traversée ardue qu’elle parcourt. Pourtant, elle en parle comme son unique soutien, mais alors la question qui nous vient légitimement à l’esprit, c’est où est-il ? À part les sentiments qu’elle lui porte et ceux qu’elle ressent de lui, là est son unique présence. Peut-être est-ce un choix délibéré de l’auteur. Elle parle également de sa grand-mère et des sentiments qu’elle lui porte, des émotions douloureuses qu’elle ressentira lorsqu’elle celle-ci disparaitra.

 

Un cri témoignage comme un appel à témoin

 

Tout au long de l’ouvrage, nous constatons ce "Cri silencieux", comme un besoin d’être entendu, mais surtout d’être écouté. Vous l’aurez certainement compris, ce livre est un témoignage autobiographique. Si je devais citer une phrase que chacun au passé douloureux devrait porter comme un étendard, ce serait celle-ci : "J’ai commencé ma vie dans l’enfer et j’essaie de la continuer vers la lumière."

 

Petit bémol ; dommage que le titre ne soit pas plus recherché, car au cours d’une recherche sur internet, plusieurs auteurs ont déjà précédemment utilisé "Un cri silencieux" pour titre ce qui ne facilitera pas la recherche des internautes sur ce livre. Mais, c’est un moindre mal !

 

"Le jour où j’ai appris à vivre", Laurent Gounelle, Éditions Kero & Pocket

Au secours ! J’ai 40 ans, Gaëlle Renard, Éditions Charleston #Livres #Enfance