Celui qui se qualifie lui-même comme "l’homme qui #photographie les étrangers sans leur permission" est tout aussi chasseur que photographe. De jour comme de nuit, la ville de San Francisco est son lieu de travail, un terrain de jeu où se cachent et se préparent de futurs trésors photographiques.

Une ville, une rue et des inconnus 

Partir à la chasse aux inconnus et aux situations, c’est un peu le crédo de #Ken Walton. Depuis 2014, le photographe déambule dans la ville (San Francisco le plus souvent) pour dénicher des instants absurdes, saisissants et parfois amusants pris sur le vif. Il s'agit de capturer les scènes décalées de la vie quotidienne, chercher les moments de beauté et les coïncidences parfaites, autant d'instants noyés dans le rythme soutenu et pressé des grandes villes. Au premier abord, les photographies semblent parfois mises en scène mais Walton précise bien que personne n’a jamais posé pour lui. Le photographe ne s'intéresse qu'à ce qui relève de l’accident et de la spontanéité, si bien que chaque cliché est le résultat d’un facteur chance mêlé à un good-timing

Rester à l'affût 

Comme il le précise sur son site internet, Walton considère cette tendance à photographier la rue comme une véritable obsession. En effet, ce passionné en quête du cliché absolu ne compte pas ses heures. "J’attends patiemment que la bonne situation se présente“, explique-t-il lors d'une interview pour le site SF Weekly, même s'il reconnaît que de pointer son appareil sur les gens n’est pas toujours facile au risque de paraître mal poli ou intrusif. Seulement, l’instinct du photographe l’emporte sur la gêne et Walton confie ne plus vraiment sentir l’embarras depuis quelques années. Signe de son activité intense, il poste régulièrement ses derniers clichés sur Twitter :

L’autre visage de la rue

En photographiant les gens dans l’environnement citadin à leur insu, Walton souligne combien des instants a priori anodins se retrouvent emprunts de poésie et de beauté. C'est avec humour et un regard bienveillant sur ses sujets que le photographe attire l’attention sur la richesse des gestes quotidiens et l'esthétisme inopiné qui s’observe parfois dans la ville. 

Walton s’inscrit dans le courant de la photographie de rue pour aller rejoindre les plus grands du genre. Dans la lignée de Henri Cartier-Bresson et sa recherche de "l'instant décisif", Walton enregistre la rue. En noir et blanc comme en couleur, ces coïncidences improbables donnent envie de s’attarder plus souvent dans nos rues pour réellement prendre le temps de voir la ville. #streetphotography