Aux premiers abords, cette jeune artiste semble fermée et inaccessible vu son air candide et timide.Tout au long de sa démonstration, on aura pourtant remarqué son ouverture au monde et son éclat face aux maux qui minent la société. Ce 6 Septembre 2016 à 18 heures, au lieu dit Street corner à Yaoundé, cette exhibitionniste a prouvé qu’elle pouvait donner et transmettre sa pensée a travers sa performance découpée en phases représentatives et circonstancielles. Etre un artiste artiste camerounaise performeur tient de sa capacité à pouvoir se démultiplier, faire fi avec soi-même, accéder à l’autre sans se débrider de sa détermination, et enclencher une nouvelle donne. Autrefois artiste exhibitionniste du nu en peinture, cette jeune femme a parcouru son être en jouant sur les aspects peu discordants de l’Homme et son dévolu sur le matériel. Le message transmit reste poignant et intrusif face à une Gabriella Badjeck en pleine mutation.

 

Une femme est et demeure la seule

Une plante verte ornée d’un emballage de couleur blanche gît au milieu de la scène. Des gens discutent ci et là, puis c’est le calme plat. On vient d’annoncer le début de l’entracte de l’artiste et de sa performence. Tout de blanc vêtu, la jeune performeuse s’avance sans contrainte, comme si elle avait été télécommandée et le spectacle peut commencer. La profondeur certes perceptible de son vécu artistique ne s’imprègne par directement au spectateur, cependant, il aura fallu qu’elle immerge cette plante aux couleurs de chaque continent choisi  pour que la magie commence à opérer. Le monde dans lequel nous vivons, semble désormais démesuré face aux incohérences qu’il subit et se retranche inconsciemment sur lui-même. Trois couleurs ont donc dominés sa performance en passant du bleu pour l’Europe, du rouge pour l’Asie, et du jaune pour l’#Afrique. Le nombrilisme de chaque race est représenté de manière subsidiaire afin de réprimer cet égoïsme qui plonge le monde dans l’anarchie et l’incompréhension totale. Le rôle de la femme devient alors la seule issue, car elle est la vie.

 

Le tourment exacerbé de cette entité mal connue enivre, absorbe, créer une brèche et enfin touche la sensibilité du doigt. La jeune femme donne à cet instant son corps au plus offrant. L’artiste tourne sa phase démonstrative en pléthore manuelle parachevée d’une gestuelle innée, hirsute l’univers à la recherche de la lumière, extrapole son savoir et prévient son autre de sa présence et de son implication. Une artiste vient d’éclore, le monde peut à présent faire avec Gabriella Badjeck. #Internet #Cameroun