Le théâtre de la Ville ouvre la saison le 8 Septembre 2016 avec une pièce pour jeune public et adulte : Alice et autres merveilles.  Or on a pu voir à la Première une Alice au pays des anti-merveilles : une déception du très, trop attendu Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du #théâtre de la Ville. Les enfants s’en contenteront peut-être, pris au jeu des ombres et des apparences. Pour ceux qui sont sortis de la Caverne et qui attendent autre chose qu’un divertissement habile, la déception sera grande.

 

Quand la poésie devient artifice

Les mêmes ficelles se répètent d’une scène à l’autre de telle sorte que tout semble attendu et provoquer de l’agacement. Si le spectacle de la Nature nous émeut par sa perpétuelle nouveauté et si nous attendons de l’art d’être surpris, suspendus dans nos certitudes, provoqués, dérangés, ce n’est pas à cette Alice qu’il faut le demander. La comédienne qui incarne le personnage d’Alice est suprêmement agaçante, toujours excitée, montée sur pile, sur-joue une enfance de pacotille et crie sans cesse, s’agite loin d’incarner la figure de liberté féminine et d’imagination que Lewis Carroll accordait avec audace à son héroïne féminine. Il y a certes de beaux effets habiles sur les changements d’échelle, de taille permis par un jeu habile sur les ombres, mais on s’ennuie à mourir très rapidement dans une salle surchauffée et hagarde. Rien ne prend quand la lumière s’éteint une fois le spectacle déjà commencé : l’effet d’intervention dans la salle ne marche pas, l’effet piscine sur scène semble un artifice de plus pour séduire.

 

Un théâtre de la séduction qui sombre dans l’industrie culturelle

On ne peut sans en pâtir viser le divertissement pur, fût-ce pour des enfants, sans sombrer dans la nullité et la vacuité. Il ne reste rien de la magie du texte, tout est balancé dans des images convenues, rien n’est suggéré ni donné avec générosité. Ce théâtre qui veut séduire, prend et ne donne rien, donne simplement l’impression d’être le client d’un théâtre comme parfois on peut avoir le sentiment d’être un client de l’art à la FIAC mais au moins là on sait où l’on met les pieds ou les yeux. Il faut tout de même rendre hommage à la Reine, très bonne et singulière interprète comme au loup. Les scène pseudo féministes ou critiques sur le « marché du jouet avec la Barbie de rigueur, les singles des années 80 balancés sur un rythme endiablé pour faire rire et sembler s’acoquiner…vraiment tout agace et déçoit et c’est dommage car on a connu un Demarcy-Mota plus créatif et passionnant.

 A éviter… #Culture