Suite à l'attentat de Nice, le Ministère de l'intérieur a indiqué dans son rapport que les forces de polices ont interrompu la course du camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Mais la sous-direction anti-terroiste détient une autre version des faits. De quoi raviver la polémique sur l'événement.

Une polémique qui devient une affaire d'État

Sandra Bertin a accusé la place Beauvau de mensonge et de manipulation, et a créé une véritable polémique. Elle avait posté des publications sur Twitter et Facebook, sur des comptes qui ont été supprimés depuis. Ils prônaient son soutien pour Christian Estrosi sur les réseaux sociaux sous le nom de Sandra Tardeil, et son opposition frontale au gouvernement actuel. Dans une publication de Septembre 2015, elle critique la "pseudo politique socialo" concernant l'accueil des migrants. Selon les informations de France Info et d'Europe 1, la policière n'a jamais été en contact avec un des membres du cabinet de Bernard Cazeneuve, mais avec la direction centrale de la sécurité publique. Cette information a été confirmée par Marianne, qui précise que cette dernière aurait été en contact avec une commissaire. A la tête de la division "informations et synthèse", elle devait établir une chronologie la plus précise possible des faits, ce qui expliquerait la pression effectuée sur la policière.

Cazeneuse en guerre contre Sandra Bertin

Depuis l'interview accordée au Journal du Dimanche, Sandra Bertin, chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice et secrétaire générale du SAFPT, est en guerre contre le Ministre de l'Intérieur. En effet, selon son rapport, Sandra Bertin affirme avoir reçu des pressions de la part du Ministre de l'Intérieur, qui lui aurait demandé de taper dans son rapport des positions spécifiques de la police nationale qu'elle "n'a pas vues à l'écran". Sandra Bertin est formelle : "Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l'Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m'a mis en ligne avec la place Beauvau. J'ai alors eu affaire à une personne pressée qui m'a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l'on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité". Mais la policière n'a pas vu la présence de la police nationale évoquée par le cabinet de Cazeneuve. La place Beauvau aurait exigé d'elle qu'elle envoie un email avec une version modifiable du rapport, pour "ne pas tout retaper", en incluant des positions spécifiques qu'elle n'a pas observées à l'écran. C'est après cette accusation que le ministre de l'intérieur a décidé de porter plainte pour diffamation.

Quotidien contredit la version de Cazeneuve sur l'attentat de Nice

Le journaliste Azzeddine Ahmed-Chaouch a rapporté dans l'émission Quotidien du 29 Septembre que les événements se seraient déroulés différemment. Ses dires semblent aller à l'encontre de la version défendue par le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve. En effet dans l'émission, le journaliste affirme que le procès-verbal indique que "à 22 heures 34 minutes et 28 secondes", un véhicule de police poursuit le camion, mais se retrouve ralenti rapidement par la foule qui tente de fuir. "La progression des policiers n'est donc pas aisée, devant zigzaguer entre les personnes apeurées et blessées [...] A 22 heures 34 minutes et 45 secondes, le véhicule de police est derrière le fourgon à une distance d'environ 60 mètres, bloqué. [...] A 22 heures 35 minutes et 46 secondes, constatons que le camion terroriste cale. Il ne partira plus". D'après le journaliste de Quotidien, ce n'est que 43 secondes plus tard, après l'incident technique que les policiers auraient engagé une fusillade avec le chauffeur, mettant un terme à cette attaque macabre. La version officielle du Ministère de l'Intérieur ne fut que la version de l'IPGN. Nous attendrons la décision finale pour le savoir...

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