Qu’un jury entièrement et uniquement composé de femmes décerne un prix à un homme ayant écrit Le Garçon, l’affaire intrigue ! Pourtant, le prix #Femina, premier à désigner ses lauréats cette année, a bel et bien récompensé Marcus Malte pour son #Roman, ce mardi 25 octobre. Fleuve, c’est le moins qu’on puisse dire puisque ce roman fait plus de 500 pages. Il n’en faut de fait pas moins pour traverser le début du XXème siècle, de 1908 à 1938. Et ces 500 pages suivent le lent et long cheminement d’un jeune garçon sans nom, sans voix et presque sans visage, né sauvageon, qui parcourt un itinéraire aléatoire dans le temps et dans l’espace, à la rencontre de l’homme dans tout ce qu’il a de plus complexe et d'ambigu. Au fur et à mesure de ses pérégrinations, ce garçon s’ouvre à la vie et au monde qui l’entoure. Lui qui n’avait connu que sa mère et leur cabane découvre les hommes avec ce qu’ils ont de mauvais et de bon. Il découvre aussi l’amitié et l’amour en la personne d’Emma, troublante jeune fille pleine de vitalité et d’une sensualité vibrante. Mais le sauvage qui s’est civilisé découvre aussi ce que la civilisation a de plus atroce : la guerre. L’horreur de cette dernière détruit l’homme qui redevient enfant, nu et vaincu… sauvage en somme.

Un prix étonnant pour un roman discret ?

Une chose est certaine : ce roman, édité dans une petite maison, n’avait pas fait la une des journaux. Et le voici propulsé au devant de la scène grâce au prix Femina. Mais faut-il s’étonner pour autant ? La présidente du prix, Mona Ozouf, affirme que « ce livre est une grande épopée, une histoire magnifique qui ressuscite le mythe de l’enfant sauvage qui parvient à la civilisation ». Il a donc tout d’un grand monument de la littérature initiatique, de la peinture sociale dans ce qu’elle a de plus noble. De fait, Le Garçon figure aussi dans la sélection du prix Wepler et Marcus Malte n’est pas tout à fait un illustre inconnu bien qu’il renouvelle un peu son style avec ce dernier roman.

L’actualité littéraire sous le feu des projecteurs

L’automne est la saison qui met les romans et autres écrits à l’honneur ! Ainsi, le 25 octobre 2016, alors que le prix Femina était décerné à Marcus Malte, le Femina du roman étranger a été attribué à Rabih Alameddine pour Les vies de papier et le Femina de l’essai à Ghislaine Dunant pour Charlotte Delbo, la vie retrouvée, qui évoque l’œuvre de la résistante rescapée d’Auschwitz. Le même jour, le Goncourt annonçait sa dernière sélection avant la remise du prix le 3 novembre : Catherine Cusset pour L’autre qu’on adorait, Gaël Faye et son Petit pays, Régis Jauffret pour ses Cannibales et Leïa Slimani avec sa Chanson douce se retrouvent en lice pour la récompense ultime. #Livres