Tous les Français ont déjà aperçu sur les murs un chat immense au sourire gigantesque s'inspirant du chat de cheshire dans Alice aux pays des merveilles. Cette oeuvre est graffée par l'artiste Toma Vuille, alias #Monsieur Chat. Cependant, le chat inoffensif ne plait pas à tout le monde. Le 15 septembre dernier, le franco-suisse comparaissait à la 29e chambre correctionnelle du TGI de Paris. Il est accusé de dégradation d'un bien appartenant à autrui. Il avait tagué un chat et quatre roses sur une cloison éphémère dans la gare du Nord. La SNCF a par la suite porté plainte contre Thoma Vuille. Le procureur de la République a requis jusqu'à trois mois de prison. Le #graffiti pose toujours des problèmes, est-il considéré comme un art ou bien de la dégradation ?

Le street artist de 39 ans s'est rendu ce matin à 9 heures pour son jugement. Cependant, retournement de situation, Thoma Vuille et son avocate maitre Tricoire ont attendu le juge en charge de l'affaire mais ce dernier ne s'est pas présenté. Sur son compte Instagram, Monsieur Chat déclare "Je cours prendre mon train de 11h47. Le juge en charge de mon dossier n'est pas joignable ! Situation inédite. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. J'ai dessiné un chat sur un mur sale de la SNCF. Un chat, 4 roses et une colombe symbole d'amour et de liberté...". Sans nouvelle du juge, l'avocate a demandé la nullité de la convocation, trois heures plus tard.  Mais le verdict est enfin tombé, Thoma Vuille écope d'une amende de 500 euros et évite la prison. Par ailleurs, la demande de nullité de convocation a été rejeté.

Thoma Vuille, le chat qui nargue

En 2014, c'était la RATP qui avait porté plainte contre Thoma Vuille. Il avait tagué ses chats jaunes sur les murs de la station de métro Châtelet. La RATP réclamait 1800 euros de dommages et intérêts. Cependant, les poursuites avaient été déclarées nulles pour des irrégularités, et l'affaire avait été abandonnée. De plus, le chat a plus d'un tour dans sa botte, il est également soutenu par les élus. Serge Grouard député du Loiret, adjoint à la stratégie métropolitaine, a déclaré dans un communiqué : "On marche sur la tête ! On ferait mieux de mettre les dealers en prison. Thoma Vuille est dans une logique de création, et son chat est très mignon." Il ajoute aussi : "Mesdames et messieurs de la SNCF, plutôt que de perdre votre temps en envoyant Thoma devant la justice, faites en sorte que les trains arrivent à l'heure, nous vous en serons reconnaissants. Et laissez donc tranquille ce chat qui nous fait sourire quand on attend les trains en retard". Tout va pour le mieux, "chat" s'est déroulé comme sur des roulettes pour Thoma Vuille. #Street Art