Au #Cinéma, qu'est-ce qui fait le succès de comédies populaires telles "Brice de Nice" ? Un personnage ? Très certainement ! Jean Dujardin a su donner une sacrée allure à ce grand ballot égoïste totalement immature qui nous fait rire par son décalage avec le sérieux de notre société si policée.

Quoi d'autres ? Des situations cocasses ? Sans doute ! Quelques scènes drôles, là aussi décalées voire déjantées, comme Brice chantant dans une banque afin d'obtenir de l'argent. Mais encore ? Que retiennent les cours d'école de "Brice de Nice" ? Principalement 2 choses : "Ca farte ?" et "J't'ai cassé !". Le dialogue, c'est simple, immédiat, on peut le réinjecter dans son quotidien, son univers ... Bref, le dialogue, c'est ça qui est drôle !

Le dialogue fait la comédie.

Souvenez-vous :

Pierre Brochant : Il s'appelle Juste Leblanc.

François Pignon : Ah bon, il a pas de prénom ?

Pierre Brochant : Je viens de vous le dire : Juste Leblanc.

François Pignon : …

Pierre Brochant : Leblanc, c'est son nom, et c'est Juste, son prénom.

François Pignon : …

Pierre Brochant : Monsieur Pignon, votre prénom à vous, c'est François, c'est juste ?

François Pignon : Oui…

Pierre Brochant : Et bien lui, c'est pareil, c'est Juste.

Tout le monde (ou presque) se souvient de ce dialogue savoureux entre Thierry Lhermitte et Jacques Villeret dans le film "Le dîner de cons" écrit et réalisé par Francis Veber en 1998. Nous avons également en mémoire les #Dialogues de Michel Audiard qui ont rendu la plupart des films écrits de sa plume inoubliables. "Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît !" est dans toutes les mémoires sans même parfois savoir que ces mots sont du génial Audiard.

Dès lors, une bonne #comédie, qui reste dans les mémoires, est-elle forcément truffées de bon mots et/ou de dialogues qui restent ? Un film, c'est un tout assez miraculeux. Il y a l'histoire, les dialogues, les comédiens, la musique ... Souvent, s'il reste quelque chose du film dans les mémoires, c'est que l'un de ces éléments a été particulièrement percutant. Pour la musique, nous avons quelques exemples de films qui sont restés dans les mémoires grâce à leur bande son. On peut citer "Les choristes" ou bien encore "Amélie Poulain".

Pour les comédies, ce sont souvent les dialogues restent dans les mémoires. Je connais plusieurs personnes qui peuvent me réciter par cœur les dialogues de "Le père Noël est une ordure" ou de "Les tontons flingueurs". Les dialogues de comédie restent parce qu'il est habile et qu'il fait rire. La prose de Veber est particulièrement réputée. Évidemment, il y a "Le diner de cons", mais il ne faut pas oublier ses films plus anciens qui regorgent de bons mots. Mon favori est "On aura tout vu" réalisé par Georges Lautner. On citera parmi les répliques :

Jean-Pierre Marielle : Dans la dernière production américaine, il y a 1H28 de sexe sur un film de 1H30 !

Pierre Richard : Et les deux minutes qui restent ?

Jean-Pierre Marielle : Psychologie !

 Les dialogues indispensables ...

Qui est l'héritier aujourd'hui de dialogues savoureux qui manient la langue avec une certaine dextérité ? L'exemple récent qui me revient le plus à l'esprit est le dialogue écrit par Dany Boon dans "Bienvenue chez les cht'is". Le dialogues des chiens et des chats est même dans la bande annonce tellement cet échange est drôle et efficace ! C'est brillant et ciselé pour faire rire par le quiproquo.

Alors, pas de comédies cultes sans dialogues cultes ? Il est vrai que, pour des comédies, les dialogues restent aussi forts que certains comiques de situation. Toujours est-il que manier l'art des dialogues permet à une comédie de rester dans l'inconscient collectif bien des années après sa sortie. Dans la dernière comédie dans laquelle joue Dany Boon, "Radin !" réalisé par le très sympa et très talentueux Fred Cavayé, la critique qui revenait le plus souvent est qu'il n'y avait pas de répliques marquantes. La preuve s'il en est que l'art du dialogue est un passage obligé pour toute comédie qui se respecte.