«J’ai découvert la #Musique électronique par accident» déclare Jean-Jacques Perrey dans Prélude au sommeil, le documentaire que lui consacra le poète Gilles Wienzaeplefen en 2008. Jean Jacques-Perrey est né le 20 janvier 1929 à Amiens, et mort le 4 novembre 2016 à Lausanne. A l’origine destiné à une carrière dans la médecine, il abandonne rapidement ses manuels d’anatomie pour la pratique de l’ondioline, un orgue électronique à clavier, instrument nouveau à l’époque, et qui le fascine immédiatement. En effet, l’ondioline, inventé par Georges Jenny en 1941, peut créer une grande variété de sons et permet un vibrato naturel, quasi-humain, ce qui lui confère un large spectre d’expressions. C’est l’ancêtre de l’actuel synthétiseur. L’ondioline permet à Jean-Jacques Perrey d’imiter des instruments du monde entier : de la cornemuse écossaise au violon tzigane en passant par le sitar indien. Dès la fin des années 40, Jean-Jacques Perrey l’utilise et conçoit même pour cet instrument le numéro de cabaret Around the world in 80 Ways, adapté du roman de Jules Vernes, Le tour du monde en 80 jours. Embarqué sur les tournées de Jacques Courtois (ventriloque), Charles Trenet et Django Reinhardt, il est également invité aux #Etats-Unis dans l’émission I’ve got a secret de Gary Moore, où il incite même à utiliser l’ondioline dans la bande originale du Spartacus de Stanley Kubrick. Edith Piaf, séduite par ce nouvel instrument, lui propose également de l’accompagner sur scène, puis lui présente son producteur Carroll Bratman, qui lancera sa carrière.

Carrière et succès tardif

Prélude au sommeil est son premier disque, sorti en #France et destiné exclusivement à l’usage des patients d’hôpitaux et d’institutions psychiatriques ; cela dit, c’est aux Etats-Unis que sa carrière éclot, parfois en duo avec Gershon Kingsley, dans le genre de la musique d’illustration. Ses albums The In Sound From Way Out (1966) et Moog Indigo (1970), n’ont pas tout de suite été reconnus, et il faudra attendre les années 90, avec le retour de l’#easylistenning, pour que ses sonorités loufoques et décalées soient considérées, et appréciées, àl’instar de E.V.A (1970) qui fut revue par Fatboy Slim en 1997 et donna un second souffle à sa carrière. Au cours de ces vingt dernières années, il collabora avec Luke Vibert ou encore François David Chazam ; son dernier album ELA, était sorti en 2015.

Jean-Jacques Perrey, ovni de la musique des années 50, 60 et 70, était de cette frange d’artistes qui considérait la musique électronique comme ludique par les sons qu’elle produisait, ce qui lui a valu d’être parfois détesté de ceux qui, en France, ont été les partisans d’une musique électronique intellectualisée, basée sur la recherche et ayant permis à la musique concrète d’émerger. Perrey, le grand oublié, a inventé un nouveau mode d’expression pour la musique électronique, et surtout, il a permis au grand public de la découvrir. Regardez Prélude au sommeil, le documentaire consacré à Jean-Jacques Perrey par le poète Gilles Wienzaeplefen.

 

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