La pièce de Joël Pommerat sous titrée ‘‘La réunification de deux Corées’’, au sens figuré et propre-imaginaire aussi, prend définitivement corps dans une série d’histoires dont le point commun est l’âpreté de la lutte par rapport à l’amour, contre ou pour. Les dix histoires qu’on voit mises en scène du #théâtre ‘‘Karolos Koun’’ par Nikos Mastorakis, traduites par Marianna Kalbari, donnent à réfléchir sur les nuances de l’amour sous une forme visuelle et spectaculaire.

D’après l’amour et son cercle d’ambiguïté, chaque histoire au sujet du divorce et de la séparation, du mariage d’intérêt et des rapports émotionnels, en général, sert de base au talent créateur de l’auteur. La mise en évidence de la fragilité de l’amour s’effectue dans un espace fermé par une barrière aux nuances du rouge et du noir. Les costumes noirs de Claire Bracewell y intensifient cette atmosphère visuellement fétichiste qui, en outre, fait appel à une situation de réclusion.

La maladie d’Alzheimer et le sens du titre

L’idée d’appeler cette pièce sur l’amour ‘‘La réunification de deux Corées’’ n’est pas seulement un accent politique en ce qui concerne la stratégie des amants ou des couples. Elle déclenche aussi ironiquement la crise de la propre pensée face à la douleur de la mort et à la perte de la mémoire. Ainsi, la neuvième histoire sur l’Alzheimer démontre l’origine du titre en essayant de mettre l’accent sur l’importance de la lutte parmi les difficultés et malgré les barres parallèles. Pour l’amour, nous-mêmes, l’autre personne aimée. Les deux Corées sont symboliquement les deux lunes, les deux pôles, masculin-féminin, l’un dans l’autre.

Une troupe bien construite par Mastorakis

Il est clair que la pièce part des situations connues pour aboutir graduellement au jeu verbal, sur l’existence des enfants, et au questionnement de la puissance humaine. La sixième histoire des sœurs à propos d’une noce pourrait même ressusciter les femmes de Lorca mises dans la contemporanéité complexe. Dans ce parcours, donc, la troupe des acteurs – Kleon Grigoriadis, Konstantina Takalou, Maria Kallimani, Ioanna Mavrea, Haris Fragoulis, Katerina Lipiridou, Dimitris Passas, Anthi Savvaki, Christina Papatriantafyllou - ont vraiment fait du très bon travail. Grâce aux instructions de Nikos Mastorakis, tous ensemble ont pu créer un corps sans exagération ni surplus. Le résultat est une représentation magnifique qui nous rappelle la vanité du destin dont le théâtre est porteur aujourd’hui plus que jamais. Bon, il faut que ce travail voyage à l’étranger, en France ou en Suisse par exemple. Ils l’ont bien mérité. #Grèce