Le cadre du film ‘‘Under the shadow’’, réalisé par Anvari, fait référence à la situation du combat. Car on se trouve en 1988. Il y a huit ans que Téhéran souffre des bombardements à cause du conflit qui l'oppose l’#Iran. Un an après la révolution islamique de 1979, le peuple iranien s’est mis dans la situation du conflit contre l’Irak à cause duquel la peur était le sentiment collectif permanent. L’histoire de la réalisation filmique d’abord, traduit lumineusement les hésitations du peuple iranien à la recherche de sa vérité loin de l’obsession religieuse. Plus spécifiquement, on voit la vie d’une mère avec sa fille. Après le départ de son mari au combat, Shideh – Narges Rashidi - élève seule sa fille Dorsa-Avin Manshadi. À travers le film, on s’aperçoit que Shideh a laissé son rêve de devenir docteur afin d’élever sa fille, voilà son sacrifice. Mais la réalisation d’un air nostalgique, presque romantique, n’est pas le choix de B. Anvari.       

Anvari face à l’équilibre des genres

De sa sympathie pour l’art, Babak Anvari fait un film d’horreur où prédomine l’équilibre parmi les genres. Entre la vérité et les phénomènes surnaturels, la volonté d’Anvari est celle de créer un projet anthropologique de vie. Il n’y a pas de sang ni d’espoir émotionnel exagéré dans son film. Jamais les correspondances entre l’islam, la dévotion à la religion et la poursuite personnelle par rapport à l’éducation et l’auto-culpabilisation des parents en face de leurs enfants n’ont été aussi lumineusement établies que par Anvari ici.       

Quand le toit de l’appartement de Dorsa et Shideh est traversé par un missile, le début de phénomènes surnaturels prend le relais. Mais l’actualisation du conflit passé abordée par Anvari se réalise aussi dans un cadre artistique. A titre d’exemple, le tableau chez la voisine riche de Shideh s’associe ensuite à la même position de Dorsa. Ce choix, non seulement exprime l’angoisse de l’enfant, mais aussi renoue la conversation avec l’art comme thérapie de la tristesse. Sous ce ‘‘ciel’’ artistique, on voit l’angoisse illustrée comme une vague intense et agressive. Cependant, l’héritage des sentiments négatifs touche certainement les parents. Shideh se culpabilise, Dorsa l'aide. Donc, ce sont les enfants qui aident leurs parents et ce n’est pas le contraire. Mais l’image du livre ouvert vers la fin du film, en liaison avec le trou surpassé, laisse les possibilités ouvertes et souligne l’importance de la maturité à travers le savoir et l’expérience.         #Cinéma