Le génial #Jodorowsky est de retour avec une nouvelle œuvre autobiographique. Avec Poesia sin fin, Jodo replonge dans les souvenirs de sa jeunesse. Les bases étaient posées depuis son précédent opus, la Danza de le realidad qui nous décrivait son enfance à Tocopilla, au nord du Chili. Son père et sa famille étaient très conservateurs, sa mère, poète dans l'âme, était étouffée par la poigne de fer patriarcale. A la fin de ce film, la famille Jodorowsky quittait le berceau pour la capitale, l'impressionnante Santiago, sur un bateau de fortune. C'est ici que démarre Poesia sin fin. Le père est toujours aveuglément sévère. La mère reste une figure éternellement mélancolique. L'éducation d'Alejandro est un modèle de conservatisme. Le fils est tiraillé entre ses envies d'évasions littéraires et son devoir social et familial. C'est la découverte du Romancero Gitano de Garcia Lorca qui offrira au jeune héros ses premiers émois. Quelques temps plus tard, une scène magistrale marquera sa rupture avec ses origines. Alors réunis en famille, les Jodorowsky se courbent et recourbent en parades d'agrément. Le padre affirme que son fils sera médecin, lui qui désire désormais devenir poète. Explosant de rage, Alejandrito abat l'arbre du jardin à coups de hache. Métaphore de la destruction magistrale de l'arbre généalogique.

La poésie sans fin contre l'éducation

Alejandro s'enfuit, la rupture est alors consommée. Mais l'un de ses jeunes cousins présent dans l'assemblée est émerveillé de son audace. Il lui ouvre son cœur et ses amitiés artistiques. Alejandro est recueilli dans un groupe de créateurs géniaux et s'ouvre alors à ses fantaisies poétiques. Mais le chemin de la douleur à la joie est très long et le jeune Jodorowsky s'en rend compte, alternant sans cesse entre le bonheur d'une liberté enfin acquise et la déception de ne pouvoir satisfaire à ses devoirs familiaux. Par un effet de balancier, il ne parvient toujours pas à trouver sa voie. Tout au long du film le vieux Jodo, aujourd'hui âgé de près de 90 ans, fait des apparitions pour montrer le chemin à son jeune égo. Progressivement et en développant un système de #poésie constant baigné de surréalisme, Alejandrito parvient à recoller les morceaux de sa psyché. Le film se termine dans un parallélisme avec la Danza de la realidad, quand Alejandro Jodorowsky décide de quitter le Chili pour Paris. C'est là qu'il deviendra un artiste à part entière et réalisera les cultes El Topo, la Montagne sacrée et d'autres. La suite au prochain épisode. #Cinéma