La 8ème édition du ‘’Gorée Diaspora Festival’’ s’ouvre le 26 novembre 2016 sous le thème : « Mémoire et résilience, du passé au présent, quelles solutions aux fractures des sociétés humaines ? » En prélude à cette manifestation culturelle qui réuni des artistes venus d’horizons divers, le photographe camerounais Yvon Ngassam a tenu à partager un bout de son expérience sur l’ile de Gorée, avec le public dakarois. La rencontre a eu lieu le 25 novembre 2016, dans la salle de conférence de Raw Material Company, dans le cadre de son programme dénommé Vox-Artis, sous la modération de Massamba Mbaye, critique d’art, commissaire d’exposition et historien des théories de la communication.

Elle portait non seulement sur l’esclavage en tant que commerce transatlantique, mais également sur la traite des noires faite par les arabes. « Il a bel et bien existé un esclavage arabo-musulman. Ça, on ne me l’avait pas enseigné à l’école. Cela a été un choc pour moi de l’apprendre au cours de mes recherches », a expliqué Yvon Ngassam. Les recherches en questions sont le fruit d’une résidence de création qu’il a entreprise sur l’ile, sur invitation de la mairie de Gorée.

Le plasticien a fait un travail sur l’image - en quoi elle est fondamentale - et interroge l’histoire de l’esclavage. « Il s’agit surtout d’un prolongement de l’histoire de l’esclavage avec ses corollaires que sont la colonisation et le Trading, un prolongement qui démontre clairement les disparités entre ceux qui produisent et ceux qui consomment », a précisé Massamba Mbaye.

Religion et esclavage

Dans sa quête du savoir sur l’ile de Gorée, Yvon Ngassam s’est surtout intéressé à la place de la religion dans ce commerce hideux qui a coûté la vie à des milliers d’innocents et vidé l’#Afrique de ses fils et filles. A cet effet, il a fait une incursion dans des lieux de cultes, photographié des fresques, des effigies de guides spirituels, touché à des objets susceptibles de représenter la religion musulmane.

La femme oubliée ?

Yvon Ngassam n’oublie pas de relever l’injustice faite à la femme : La femme-enfant séparée très de ses parents, la femme-mère, contrainte de céder un fils à des inconnues, la femme-fille objet de convoitise, brandie comme un trophée pour satisfaire les desiderata d’un maître-esclavagiste. Dans ce travail où la femme occupe une place centrale, l’artiste s’interroge sur un possible retour de la diaspora (américaine) sur le sol africain. Il soulève également des questions liées à l’identité à travers des vidéos réalisées au Cameroun et au #Sénégal. Créé en 2004, sous l’impulsion de la municipalité de Gorée, le Gorée Diaspora Festival permet aux citoyens d’Afrique et de sa diaspora d’exprimer leur diversité culturelle. La présente édition qui court jusqu’au 27 novembre prochain, coïncide avec le cinquantenaire du 1er Festival des arts nègres, qui s’était tenu au Sénégal en 1966. Lors de cet événement, l’île avait occupé une place centrale en tant que terre d’expression de la richesse et de la diversité culturelle. #Politique