'Denise Déjean' nous offre un voyage à travers les siècles. Par mon travail de chroniqueur littéraire, je reçois une multitude d'ouvrages touchant à bien des domaines. Le mot "travail" retire peut-être un peu de magie à ce qui devrait être une récréation de l'esprit bien que ? Je ne permettrai jamais de critiquer un livre de façon négative même s'ils ne correspond pas à mes goûts, ce serait déplacé et non productif. Vous l'aurez compris, si je vous parle de "perle" c'est que l'ouvrage que je souligne par cette dénomination sort ou sortirait de l'ordinaire. Je ne suis rien d'autre qu'un lecteur, certes un peu plus attentif par les besoins de mes chroniques, mais, ne croyez pas que je sois blasé, au contraire, simplement plus difficile, plus exigeant peut-être? C'est normal, le voyageur ne préfère-t-il pas éviter les paysages qui se répètent? Aimer être surpris fait partie de nos bonheurs.

À propos de perle

Permettez-moi de vous parler d'un ouvrage qui m'a séduit. Rencontrée au Salon du livre de Tarascon sur Ariège, j'ai eu le plaisir d'approcher l'écrivain Denise Déjean. Rencontre agréable sous les "feux des projecteurs", mais pas que. En compagnie de sa maison d'édition, elle présentait son dernier roman ou, serait-il plus exact d'écrire, la nouvelle mouture de son superbe ouvrage: "#Le crime du Gamat". Je n'ai pas eu l'occasion de lire la première édition, mais d'après quelques lecteurs interrogés, c'était déjà un ouvrage incontournable. Pas de commentaire, vous qui me connaissez peut-être, devinez l'expression qui me guide: "je ne crois que ce que je vois". Et pourtant...

La Maison d'édition

Avant de parler de l'ouvrage, il serait opportun de mettre en exergue la maison d'édition. Cette dernière porte ce chef d'œuvre avec beaucoup de simplicités et un professionnalisme qui frôle la perfection. Imprimé avec soin, un certain nombre de détails nous poussent à croire que l'éditeur refuse la facilité et par son travail, porte respect à l'auteur et par la même occasion, aux lecteurs. J'ose imaginer qu'il existe une sorte de relation fusionnelle entre l'auteur et la maison qui le, la, représente. On imagine sans trop de difficulté qu'un travail de fond a été mis en œuvre et c'est du bonheur. Soulignons en passant qu' #Elan Sud porte avec fierté son indépendance. Indépendante certes, mais qui n'a rien à envier à ses grandes sœurs qui cherchent beau mariage et perdent une partie de leur personnalité et du charme qui les démarquaient peut-être, d'un marché en constante recherche de fusion.

Le Roman

Revenons au "Crime du Gamat" (prononcez le T, nous sommes dans le sud de la France). L'écriture est belle et vous transporte sans la moindre difficulté à travers les siècles. Rien ne nous échappe, ni les odeurs ni les couleurs et encore moins les sentiments. Plongés au cœur d'une contrée que l'on devine rude, inhumaine à nos yeux "d'enfants gâtés" par les facilités que nous offre le 21e siècle, nous voici témoins d'une tragédie. L'existence des paysans de l'époque, "dépendante des caprices du temps, de la sévérité des Seigneurs et de la cupidité de certains représentants du clergé" n'était pas un long chemin tranquille. Ajouter un mariage de raison et les espoirs laminés par un labeur inhumain et dépendant des caprices climatiques... Étés implacables, hivers de montagne, les éléments se mettent en place et nous conduisent sans surprise à devenir les témoins d'un geste fatal et découvrir le sinistre grincement de l'échafaud. Une histoire, certes, mais si l'histoire nous passionne c'est que l'écriture est de qualité. Elle démontre que l'écrivain ouvre les portes d'un avenir proche des étoiles.

Merci, Madame, pour ce superbe ouvrage. #desjean