Parce que tu as cliqué et que tu es tombé ici, que la force du ruban et des robes imprimées soient avec toi. A moins d’avancer l’argument fumeux du « ce n’est pas de ma génération », qui ne connait pas #yumiko igarashi déesse mère de l’ultra méga incontournable #Manga Candy Candy, icône à couettes sans âge et modèle indépassable de résilience ? Igarashi est aussi l’auteure d’un autre grand classique du shôjo manga, Lady Georgie ou tout simplement Georgie dans son titre animé français que connaissent assurément les nostalgiques des eighties. Si l’adaptation animée est de belle facture, elle s’éloigne quelque peu du manga et édulcore entre autres, une fin bien plus romanesque dont le manga fait la proposition.

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Le tragique dans Georgie est un prétexte pour mettre en exergue des figures féminines fortes, face à l’impermanence d’une vie tout à fait décomplexée de leur faire la misère bien comme il faut . Et que je remets en cause ta filiation et que je rajoute du triangle amoureux et pourquoi pas du carré, et que je te rappelle que rien n’est acquis, que la mort rôde et qu’elle se manifeste par le meurtre, la maladie etc…tout un programme quasi non-stop qui entraîne notre belle blonde dans des émotions sur place ou à emporter mais éprouvées jusqu’à l’os. Le tout est un soap rondement mené ou les sentiments peuvent certes manquer de subtilité dans leur expression mais c’est parce qu’ils sont vécus par des enfants puis des ados qui cheminent vers l’âge adulte. Ce but transcendé par les expériences de montagnes russes qui font évoluer, mûrir.

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L’acceptation, le renoncement, les réussites et les échecs. Ce dépassement permanent de soi, de sa condition pour un absolu n’est pas tant l’amour que la vie même.

Georgie, chemin initiatique d'une fille pour devenir femme

Outre les histoires d’amour dans Georgie, c’est le chemin initiatique d’une petite fille pour devenir une femme qui se joue. Et si le marqueur de l’accomplissement semble être l’amour, ce sont avec des signaux féministes que l’auteure choisit de lui faire atteindre son but. Elle joue sur le genre sexuel quand Georgie se travestit en garçon notamment, mais aussi sur les choix qu’elle fait indépendamment des événements extérieurs. Georgie décide pour elle-même et par elle-même, et c’est là l’ADN des héroïnes d'Igarashi . Sûrement plus mature que ne l’est Candy, Georgie aborde la quête de soi sans en abolir le corps. Elle introduit un érotisme soft. L’amour ne saurait être complet sans son incarnation physique, l’un ne peut se retrancher de l’autre.

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Cette prise de position atténue un peu le côté fleur bleue et naïf de son récit et de la naïveté avec laquelle l’aborde son héroïne. Le dessin un peu rétro magnifiquement mis en page, les lignes fortes et assurées du trait donnent envie d’avoir des bulles dans les yeux parce que c’est trop kawai dans la souffrance et dans la joie, cela permet de rester esthétique en tout temps et en toute circonstance Black box propose une édition de grande beauté que des pages en couleurs viennent sublimer, prises dans l’écrin d’une couverture rigide qui en fait indéniablement un objet de luxe à posséder d’urgence. #Blackbox