Nous sommes éperdument seuls, affreusement seul, dans l'instant, entouré, en famille et même dans la foule… On est seul avec soit, avec ses songes et ses démons parfois. On est noyé dans le vacarme secret de nos pensées. 

Déjà, dans notre foyer natal, lors de notre état embryonnaire, la solitude nous berce, berne ! Ceci en attendant l'ouverture d'une fenêtre sur le monde, monde où l'on va feindre une étreinte maternelle, celle-là même qui par nature nous comblera ou d'amour ou de chagrin et même parfois de rien…

L'homme souvent est ingrat, ils abandonnent son sang en toute impunité, sinon le regret et la blessure de la conscience, qui le rattrape toujours, mais le mal est déjà injecté qui va subsister dans nos mémoires et nos agissements.

La vie! Certes! Nous forge, mais la solitude nous gagne toujours, la preuve, il suffit d'une dispute, d'un souci, et, en catimini, nous allons nous y abriter… l'entourage aura beau suggérer, dire ou donner, elle nous grignote et nous tends les bras, un Fidel compagnon sans faille! Qui donne le bon et le mauvais conseil …

Solitude rime avec lassitude, car la nuit venu, on retrouve fatalement notre claustration volontaire, livré aux bonnes comme aux mauvaises décisions, celles qui chaque soir, ou nous fait changer le monde, ou nous le fait redécouvrir.

Qui n'a jamais, pendant une soirée heureuse, arrosée ou pas, sombré à petites doses dans ses pensées? L'œil avide, Qui? C'est elle! Elle nous fait du pied, et sous prétexte de réflexion, elle nous rappelle sa présence… Nous vivons dans son âtre brulant, on esquive alors quelques rictus pour tromper l'assemblé, à d'autres moments le bonheur est là, la joie mais la tristesse aussi, c'est juste que l'isolement intellectuel nous oublie par moment.

Nous habitons en permanence deux lieux, notre demeure terrestre, et celle de l'hôte, celle que la solitude nous a fait construire au long de notre vie et s'y est invité, ce monde parallèle où nous allons nous cacher.

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Demeure où l'on a ménagé en silence et en secret, nos amertumes, nos joies d'antan, et où l'on a fabriqué ses meubles, des tiroirs géants qui abritent nos mensonges, chagrins, déceptions, et autres caprices que la vie s'est appliquée à forger dans nos cœurs ! Rancœurs!

Elle est notre pire ennemie, mais aussi notre fidèle amie, on la chasse constamment, et alors que l'on croit s'en être débarrassé, elle nous rattrape la nuit, lorsque couché dans son lit, nos yeux regardent le plafond… Le comble, est que l'on est ravi de la retrouver à chaque fois.

Lorsque l'être se voit rappeler par le tout puissant, alors même que les siens sont là, la solitude prend toute sa place, elle nous berce comme au début, mais nous angoisse, elle nous console mais ne répond pas à nos inquiétudes, elle nous donne la force, juste ce qu'il faut pour un départ en douceur… #Livres