Pris au cœur d’un conflit social et d’une tourmente médiatique, le Festival d’Avignon 2014 a échappé de peu à l’annulation. C’est à la fois avec soulagement et déception que les festivités se sont terminées. Soulagement, car la majorité des spectacles ont pu se dérouler sans accroc. Déception, car un mauvais concours de circonstance laisse quelques ombres au tableau. Le climat social et météorologique n’a pas été bénéfique à Avignon : le manque à gagner ne s’est pas seulement ressenti autour des représentations, mais aussi sur la vie de la ville toute entière. Seul point positif : le public ne se serait pas lassé de cette manifestation, et ce, malgré toutes les difficultés de cette année.

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Un mot de la fin, un souffle : « Ç’a été dur, mais ça a été beau », confie Olivier Py.

L’édition 2014 tenue par Olivier Py

L’édition 2014 du Festival d’Avignon a été tenue par Olivier Py, dramaturge et metteur en scène français de 49 ans. C’était sa première fois en tant qu’organisateur. Une expérience qu’il pas prêt d’oublier ! Il estime, réaliste et un brin fataliste, que cette édition « aura un impact sur la prochaine édition ». Concernant la tenue du festival, Olivier Py se montre aussi un tantinet alarmiste. Il espère attirer l’attention de l’État pour éviter que ce festival ne passe à la trappe : « sinon, nous ne pourrons pas remplir nos missions. » Un scénario catastrophe pour le festival et la ville qui l’accueille. Le Festival d’Avignon ne représente pas seulement un évènement culturel colossal.

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C’est aussi l’occasion pour la ville de renflouer son chiffre économique, et de préparer en toute sérénité le reste de la saison. L’attrait touristique créé par le festival n’est pas à négliger. Les fausses notes de cette année pourraient-elles avoir un contrecoup évident sur la saison estivale ?

Un festival en demi-teinte

Le Festival d’Avignon existe depuis 1947. Cette année, pour sa 68e édition, le Festival a enchaîné les problèmes et les mauvaises surprises. D’abord, sa tenue n’a été sûre qu’au dernier moment. C’est un conflit social qui a mis en péril l’organisation du festival. En effet, la lutte la nouvelle convention chômage des intermittents du spectacle avait directement menacé la survie des spectacles pour cette année. Au final, plus de peur que de mal : trois journées de #Grève recensées, et seules douze représentations ont été annulées, sur un peu plus de deux cents. Néanmoins, les intempéries se sont mêlées à la partie et ont encore accentué l’aspect morose de cette édition. Au final, le festival de 2014 restera dans les mémoires comme un festival en demi-teinte. Avec un rollercoaster d’émotions, de doutes, de remises en question, et une perte estimée à 300 000 euros de chiffre d’affaires, espérons que 2015 soit plus clément envers les théâtraux Avignonnais.