Lestelle Bétharram, est située dans le département des Pyrénées Atlantiques. Elle niche sur les rives du Gave de Pau, dans le Béarn, aux pieds de la chaîne de montagnes, à quelques kilomètres de l'Espagne.

Lestelle ; la bastide

Le Béarn est en construction, et s'affirme dans une indépendance relativement au pouvoir royal. Une indépendance acquise en 1347 par Gaston Phoébus qui poursuit l'oeuvre de ses ailleuls. Au XIVème siècle Phoebus étend le concept des bastides sur ses terres. Il veut valoriser ses domaines, inciter les hommes à peupler durablement son territoire, favoriser les échanges commerciaux. La création des bastides est un phénomène qui s'étend durant la période de paix , entre le XIIIème siècle et le XIVème siècle.

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La bastide est parfois une extension au domaine du seigneur, là où sa population s'accroît, elle est également destinée à regrouper les population dispersées, en un même lieu. En tous les cas la bastide est fondée sous des formes juridiques et politiques inhérentes à la volonté du seigneur, ou du pouvoir du roi, ou d'une communauté villageoise. Elle est régie par une charte, a des représentant ; les consuls - la plupart du temps, des notables choisis parmi ceux qui paient le plus d'impôts.

Le plan architectural type est géométrique constitué d'une grande place carrée, bordées de maisons agrémentées de jardins. Au centre de la place se trouve généralement un foirail, ou halle couverte. Deux rues principales quasi parallèles traversent la bastide, jusqu'à leur jointure, en forme de flèche à chaque terminaison, des rues sont perpendiculaires.

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C'est un plan assez similaire à celui des lotissements d'aujourd'hui. (quid novi sub sole ?).

Est-ce un hasard, qu'un homme s'éveille un jour avec l'idée de construire, et consacrer à la grandeur pour tâcher de l'atteindre. Là où il fait un songe il bâtit sa vision en fait une légende..Des histoires de buissons ardents, d'apparitions de la vierge, de croix qui s'élèvent, des voix qui ordonnent, des coïncidences de lumière. Des hommes, ici, ont rêvé que le divin s'adressait à eux. Pourquoi pas ? C'est parfois ainsi qu'on bâtit des abbayes, des églises, des cathédrales.

Entrer à Lestelle Betharram, c'est comme entrer dans un songe qui admet l'existence d'un au delà et lui consacre son ingéniosité. De nombreux miracles valent à Betharram le qualificatif de Terre Sainte au XVème siècle. Sanctuaires, autels, chapelles, église, tout sera consacré, dans la plus grande ostentation à celui au dessus. L'art Baroque fait son apparition.

Du XVIIème siècle au XVIIIème siècle, Lestelle Betharram s'orne des plus beaux atours de cette période.

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Il faut habilement, parler au peuple encore ignorant, pour le faire adhérer, avec des images, des sculptures, lui raconter de belles histoires, ainsi la bible se lit-elle dès l'abord des édifices sacrés. Y pénétrer est pour le plus simple des hommes, s'entourer d'or, de joyaux, tout ruisselle de félicité. Quel contraste avec une vie de labeur d'acharnement, de pauvreté, de servage. Ainsi spontanément, vient-il s'abreuver et se nourrir dans ce luxe qu'il s'approprie.

Lestelle devient rapidement un des lieux de pèlerinage le plus fréquenté jusqu'à la révolution..

La Chapelle Notre Dame, est édifiée au XVIIème siècle.C'est d'abord l 'église du Peuple, très vite elle sera parée, ornée, transfigurée. Pour cela le peintre Bernard Denis (1652-1722), et le décorateur Jean Casassus (1679-1776), vont demeurer à Bétharram. Un splendide pont de pierre du XVIIIème siècle enjambe le Gave avec noblesse, il conduit des milliers de pèlerins vers le sanctuaire. Son arche très élégant contient le bâtit d'un seul tenant. Il est construit par Daniel Bairon de Lescar, Maître ingénieur de l'époque et remplace le pont de bois, fragile et à la merci des crues du torrent revêche.

Mais tous les sanctuaires ne sont pas touchés par le style baroque voyant et foisonnant.. A l'instar de la Chapelle Saint Michel Garicoïts dont l'humilité contrastante est reposante. Un édifice non moins monumental pourtant, avec ses marbres rouges et verts et ses fers forgés. Construit à flanc de montagne directement dans la roche. Il s'élève, sans que rien ne perturbe l'œil ni ne l'accroche dans son ascension.

Le dernier sanctuaire de Betharram, le Calvaire de Bétharram, est le chemin de croix évangélique. En tout quinze stations ou oratoires jusqu'à la Chapelle de la Résurrection. C'est une suite de chapelles de pierres blanches finement travaillées. Un parcours qui relate la vie du sauveur, à travers sculptures, bas reliefs, et tableaux. Ce chemin de croix que l'on parcourt aujourd'hui, à quel que titre que ce soit, est un cadeau que l'on fait à soi même tant il inspire paix, beauté et harmonie.



Le musée de Bétharram conserve essentiellement, des objets d'art religieux, et ou objets liés à l'activité de pèlerinage. On y trouve des reliques, des vestiges de l'ancien monastère, une collection enrichie de dons des pèlerins au fils du temps.

Au plus lointain et profond des âges, les grottes de Bétharam offrent à voir un spectacle époustouflant, inoubliable. De véritables cathédrales, façonnées par mille filets d'eau qui y rampent depuis des millions d'années. Et il suffit de tendre l'oreille, écouter le chant de l'eau dans un silence caverneux. Les parois accidentées, subtilement éclairées font apparaître des couleurs surnaturelles et selon l'état d'esprit dans lequel on se trouve, l'on peut y voir chimères, monstres ou indicibles beautés. #Histoire