Navarrenx, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle

Navarrenx est au centre du département des Pyrénées Atlantiques, aux portes du Béarn. Située sur la Voie du Puy, une des routes les plus fréquentée par les pèlerins. Le Village est une étape importante sur le chemin de St Jacques de Compostelle. elle est la dernière halte sur la voie, avant le Pays Basque.

Navarrenx apparaît au premier siècle avant notre ère sur un cartulaire du XIème siècle (Recueil de chartes, contenant la transcription des titres de propriété et privilèges temporels d'une église ou d'un monastère).La Casterrasse est la première forteresse qui y est bâtie, au tout début du XIIIème siècle.

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Il n'en reste que quelques pierres en dehors des remparts. Au cours de cette même période, Gaston IV, fait bâtir un pont de pierre enjambant le Gave, pour faciliter l'accès des pèlerins aux cols pyrénéens. Il y fait établir un marché et une "sauveté" (lieu refuge pour la population) avec "hospitau" et chapelle. Peu à peu le cœur de la forteresse devient une bastide. avec place centrale, rues perpendiculaires, maisons de 6 à 7 mètres de large, jardin derrière l'habitation, et en arrière les remises; des venelles séparent les maisons.

Le bastion Navarrenx est bâtit à la fin XVème siècle, pour répondre à l'inaptitude des fortifications moyenâgeuses à se défendre contre les nouvelles technologies d'armement. En l’occurrence l'artillerie à poudre. Pour se défendre de l'invasion espagnol, Henri II d'Albret, en faisant appel à Fabricio Siciliano, fait de Navarrenx la première cité embastionnée de France.

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En effet les architectes italiens ont déjà commencé à construire (dès 1500) des ouvrages complètement novateurs, délaissant tours et murailles de pierres.( L'architecte Vauban lui arrivera un siècle plus tard, on dit qu'il s'inspira beaucoup de cette l'architecture militaire italienne.)

Lorsque Henri IV réunis les États Pyrénéens à la couronne de France, Navarrenx perd son importance stratégique.

Aujourd'hui, on franchit librement les remparts austères de Navarrenx, nul besoin de montrer patte blanche, on entre sous sa protection qui que l'on soit, de quelque religion que l'on soit. Lorsque l'on a passé la porte, c'est une promenade sous un ciel de tranquillité, où le fourmillement des commerçants, des pèlerins de St Jacques de Compostelle et autres passagers du temps, glisse joyeusement. Aucune pensée guerrière n'accompagne la marche au fil de la promenade. Pourtant, la sensation d'être unique nous prend lorsque l'on franchit la porte Saint-Antoine et que l'on gagne les remparts. Frantz Liszt y a peut être composé son « Liebestraum » ou quelque autre phrase musicale lors de sa venue en 1828 accompagné de Caroline de Saint -Cricq.

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Le pont levis a disparu, seul l'emplacement du passe des chaînes est encore visible. Un petit escalier de pierre conduit à une terrasse, plate forme ouverte sur le Gave, dans lequel flotte le reflet du pont.

Les seuls échos qui nous parviennent, sont ceux des jeux de voix des visiteurs, qui rebondissent étonnamment d'un coin à l'autre de la pièce de la poudrière, ou ceux sept fois répétés par les meurtrières du « bastion des échos ».

Le Canon de Navarrenx est réduit au silence, longtemps son nom « se jo t'i bau » a retenti sur le remparts, puis il s'est tu, depuis le déclassement du bastion en 1868, il n'est plus qu'un soldat silencieux, mais toujours tourné face au pont qui enjambe le Gave d'Oloron.

La cité Bastion n'a plus sa raison d'être ; le centre culturel a investi l'arsenal. Le centre d'Interprétation de l'#Histoire y présente des maquettes et vous raconte Navarrenx.

L'église Saint-Germain est voulue par Jeanne d'Albret, au XVIème siècle. Tout d'abord protestante, l'église revient dans le giron catholique sous Louis XIII. D'inspiration Gothique tardif, on y remarque les voûtes tramées de liernes et de tiercerons, les arcs décorés à la base de têtes sculptées et peintes, les tableaux ; reproductions de Murillo, van Dick et L. Carrache offerts par l'empereur Napoléon et son épouse Eugénie venus, consulter le Dr Darralde ; un des médecins de l'Impératrice et maire de la commune.

Mais il est un autre roi à Navarrenx, dans les eaux remuantes du gave, pêché depuis des temps, le saumon effectue sa montaison vers l'océan. Il revient à la frayère qui l'a vu naître, parcourant des milliers de kilomètres pour s'y reproduire.

Aujourd'hui encore Navarrenx reçoit des milliers de randonneurs sur le chemin de Saint-Jaques. L'accueil y est chaleureux et les rencontres riches. L'histoire demeure ici à travers les vestiges conservés. Le Béarn subsiste et sa langue et son identité et sa prépondérance.

Nathalie Bessonnet. Juillet 17 2014 



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