Sauveterre-de-Béarn, légende d'hier et charme d'aujourd'hui

Sauveterre-de-Béarn à l'époque Médiévale, est une sauveté ; un lieu de peuplement sous la protection du clergé. A partir du XIIème siècle une église est construite, puis un château, puis un pont. Les ponts d'Oloron Saint Marie, Orthez, Navarrenx et Sauveterre sont des constructions très importantes, ce sont les quatre lieux de franchissement du Gave et des points stratégiques sur la voie en direction de l'Espagne. Le gave d'Oloron est un fleuve capricieux et ses crues sont redoutables, l'une d'elles emporte le Pont en 1732. Il n'a pas été reconstruit, et seuls subsistent la petite tour et une petite partie du pont.

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Mais, le pont de Sauveterre dit « le Pont de la Légende » a une étrange #Histoire à raconter, venue du moyen âge :

Une vieille histoire reprise par l'Abbé Menjoulet, dans ses « chroniques du diocèse et du pays d'Oloron » en 1863, conte que La vicomtesse de Sancie, qui réside alors au château de Sauveterre, subit dans le Gave « le jugement de Dieu par l'eau » (l'accusation de sorcellerie est assez fréquente en ces périodes d'obscurantisme, pour justifier un fait incompréhensible. Pour cela et tout autre condamnation, on fait appel au jugement de Dieu. L'accusé subit alors une épreuve pénible(une ordalie).Si celui-ci s'en tire, alors on estime qu'il disait la vérité puisque Dieu l'a soutenu et il est aussitôt acquitté)

La vicomtesse attend un enfant. Son époux est parti à la guerre.

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L'enfant naît difforme puis décède au moment même où l'on annonce la mort de son père Gaston V en terre espagnole. Une très vive émotion s'empare de la population, qui se réjouissait de cette naissance. D'un coup des rumeurs qui courraient déjà, chuchotant que Sancie pratiquait la sorcellerie, enflent. Elles vont jusqu'à dire que la mort de l'enfant est une punition divine. Ainsi par un blafard matin d'hiver, la vicomtesse, convaincue de sorcellerie, est conduite sur le pont, où le roi lui même, l'évêque, les notables et la population ; environ 3000 personnes, assistent à l'exécution. La vicomtesse est violemment jetée par dessus le pont, dans les eaux mouvementées du gave. Elle très vite emportée puis disparaît entièrement dans les flots. Les regard suivent la détresse de cette femme condamnée à mourir noyée. C'est alors qu'elle réapparaît, vivante sur un banc de sable à quelques brassées du lieu où elle fut jetée. La vicomtesse recouvre son innocence, partout elle est fêtée, aimée et honorée.

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Elle régnera longtemps sur le Béarn.



L'église Saint André est achevé au XIIIème siècle. D'architecture romane à l'extérieur, l'intérieur présente la superposition de deux styles ; d'#Art roman- et d'art gothique dans les prémices. Le clocher, haut de 25 mètres, aurait servi de tour de guet. Sous le porche, un superbe tympan décore la porte d'entrée. L'église est inscrite aux Monuments Historiques.

Au XIVème siècle, Gaston Phoebus, remanie le vieux pont, ajoute une tour de guet, et un pont levis. Il fait du château sa résidence d'été. Le château est alors le lieu de fêtes ; les gens de cours se pressent, autour de spectacles, où danseurs, troubadours et poètes s'expriment. Phoebus on le sait, est lui même poète à ses heures.

Durant le conflit entre les Navarrais et les vicomtes de Béarn (les d'Albret) désireux de reconquérir la Navarre, le château de Sauveterre de Béarn, est durement touché et les fortifications partiellement détruites par les troupes espagnoles. L'église est saccagée. Les guerres de religion qui opposent Huguenot (protestants) et catholiques n'arrangent rien.

Au XVIème siècle, durant le règne de Henri IV, Sauveterre perd de son statut de ville fortifiée au profit de ville comme Navarrenx qui bénéficie d'une architecture militaire répondant aux nouvelles techniques de guerre. La révolution finira de jeter Sauveterre dans le presque oubli, le château ne servant plus que de geôles. Le Béarn fait partie du département des Basses Pyrénées, qui deviendra lui même département des Pyrénées Atlantiques en 1969.

Au XXème siècle Sauveterre devient un lieu de villégiature de charme. Le tourisme se développe. L'intérêt pour le patrimoine historique et culturel (grâce notamment à Prosper Mérimée) et le soin apporté aux édifices ont fait la renommée de Sauveterre, appelée aussi « La Perle du Béarn. »