Amateurs de #Films de SF réjouissez-vous! Luc Besson est de retour avec un film en béton armé, «Lucy», qui aidé en cela par un très bon casting et un excellent scénario, constitue sans doute l'un des meilleurs films du genre depuis longtemps.

Le réalisateur du "grand bleu" et du "cinquième élément" s'intéresse ici au cerveau et à ses capacités non encore exploitées par l'être humain. Partant du postulat qu'actuellement, un homme n'utilise que 10% seulement des possibilités inouïes de sa matière grise, Luc Besson arrive à construire une histoire, je ne dirais pas réaliste car il s'agit quand même d'un film de SF mais bluffante surtout dans sa logique implacable de bout en bout. Après comme dans tous les films de Besson, il y a cette part de rêve, de poésie, de réalisme et de pragmatisme froid et implacable qui font tout leur charme. A découvrir absolument. Car c'est véritablement à un film déroutant et surprenant auquel nous convie cette fois-ci encore le plus spectaculaire et le plus original de nos metteurs en scène. Ce film est tout à la fois un bon film de SF mais aussi un excellent thriller et un conte philosophique dans les thèmes abordés et dans sa conclusion. Je vous propose donc un petit tour à l'intérieur de chacun de ces 3 thèmes qui font l'intérêt de ce film sans oublier le charme intact de ce metteur en scène hors normes dont la plupart de ses films sont naturellement imprégnés.

Un grand film de science-fiction

Le cerveau est l'un des grands thèmes du genre SF. Avec les robots, les voyages dans le temps, la colonisation des planètes et les ordinateurs, le cerveau et ses capacités ont de tous les temps passionné les auteurs de SF. Esprits géniaux et dérangés à la conquête du pouvoir, produits miraculeux ou radiations capables d'augmenter significativement la masse de matière grise, beaucoup d'écrivains s'y sont en effet essayés. Ceux qui ont un petit faible pour ce genre marginal de la littérature savent que l'augmentation des capacités du cerveau est l'un des thèmes favoris des auteurs obnubilés par cet organe central et moteur de la créativité humaine, complexe mais O combien fabuleux dans son fonctionnement et sa constitution.

Luc Besson part donc du postulat suivant: l'homme ne se sert que de 10% seulement du cerveau. Qu'adviendrait-il s'il arrivait à développer les 90% restants? Sans dévoiler les mystères et les arcanes d'un film superbement interprété et remarquablement mis en scène avec l'aide d'effets spéciaux particulièrement bien réussis, "Lucy" retrace l'histoire d'une jeune femme qui se retrouve avec un cerveau qui progressivement augmente sa productivité tel une machine bridée à 10% à qui on donne progressivement de l'énergie pour atteindre 20 puis 30, 50 et bientôt 100% de sa capacité. Avec l'œil de Luc Besson, cette idée prend très vite les allures de thriller policier et de conte philosophique avec des idées fortes et bien posées et surtout convenablement argumentées.

Un excellent thriller

Luc Besson a réussi également un excellent thriller policier, c'est cela l'un des charmes aussi de ce film à multiples facettes, il faut bien l'avouer. Taïwan où se situe le commencement de ce film est le théâtre de l'affrontement de la jeune héroïne campée par Scarlett Johansson et la mafia chinoise pendant la première partie du film. Puis ce sera au tour de Paris de prendre le relais de l'action du film. Mené tambour battant avec de vraies scènes de poursuites ponctuées de cascades spectaculaires dans les rues de la capitale, "Lucy" n'échappe pas à la loi du genre: suspens palpitant, longues scènes d'action où coule -malheureusement un peu trop à mon goût- des torrents d'hémoglobine. C'est un peu le seul petit reproche que l'on peut faire à ce film, la multiplication de scènes de violence-gratuite- dont certaines sont très crues et la plupart bien imprégnées de sang aussi rouge qu'inutile.

Un conte philosophique

Il y a beaucoup d'idées véhiculées dans ce film. D'abord celui de la vitesse du temps qui passe indéniablement corrélée à celle du cerveau humain. On a coutume de penser que tout s'accélère avec les progrès de la civilisation. Luc Besson nous donne sa vision des conséquences de l'augmentation des capacités du cerveau sur la physiologie d'un être humain. La fin est spectaculaire et somme toute prévisible compte tenu de l'évolution du cerveau de notre jeune héroïne mais après tout pourquoi pas?

D'autres thèmes suscitent un réel intérêt dans ce film. Ceux de la connaissance et de la transmission du savoir qui sont vus non pas à travers la vie d'un homme mais bien à travers l'ensemble des générations de l'humanité depuis la première femme connue qui s'appelait … Lucy. La boucle est bouclée, et le clin d'œil est bien sûr évident. Nous sommes les dépositaires des savoirs accumulés depuis les origines et nous le léguons agrémenté par nos propres connaissances effectuées au cours de notre vie à nos enfants. Et ainsi de suite de génération en génération jusqu'à la fin des temps.

Je terminerai par rendre hommage à l'interprétation excellente de Scarlett Johansson qui a été pendant un temps un peu prisonnière des films de Woody Allen. Dans ce film, elle incarne avec justesse et une grande intensité dramatique, la jeune héroïne dont le destin va basculer au tout début du film. Scarlett est belle et possède un large répertoire dans son jeu d'actrice -elle nous l'a montré à maintes reprises. Sûrement la future plus grande star féminine du #Cinéma .