Blanche Angoumé, vous avez récemment commis une exposition, quelle en est la raison ?

C’est une première pour moi, il me fallait montrer mon travail et faire découvrir ce que je sais et peux faire.

Une exposition sur le troisième âge, avec une prédominance de la gente féminine, Comment l’expliquez-vous ?

C’est tout simplement la réalité tout constat fait : environ 90 % de nos vieillards sont des femmes.

Peut-on déduire un mobile social dans votre travail ?

Pas vraiment dans la mesure où je n’ai pas fait une étude particulière en ce sens, c’est juste une constatation.

Combien de temps avez-vous mis pour réaliser ce projet et quels moyens et énergie pour en arriver là ?

Je ne peux pas tout à fait évaluer le temps passé de manière concrète sur le projet. J’ai dû m’arrêter pour reprendre, de temps à autre, selon les circonstances favorables ou non. Pour ce qui est des moyens, je puis simplement dire que cela m’a valu beaucoup. Car vous savez, il m’aura fallu faire et parfois refaire des déplacements çà et là ne fussent que pour parlementer, discuter, échanger, ainsi de suite, afin d’obtenir un acquiescement des personnes à filmer. Mais l’essentiel c’est ce modeste résultat au bout du compte. Et ça, c’est ce qui compte.

Dans votre propos il se dégage un air de non agrément de certains des sujets que vous auriez souhaité filmés. Quelles sont les raisons de leurs refus ?

Vous savez, on est au Cameroun l’Afrique en miniature avec toutes les appréhensions qui vont avec. Et donc si certaines personnes âgées n’ont simplement pas voulu se prêtés au jeu, d’autres ont prétexté, selon leur culture, une tentative de vol de leur esprit. On est en Afrique et vous savez l’esprit c’est sacré.

Quelles sont les contrées parcourus pour capturer ces images exceptionnelles ?

J’ai été dans diverses localités du Mbam. J’ai été dans des villages de Bafia, d’Ombessa. J’ai également parcours des villages dans les périphéries de la ville de Yaoundé.

Quelles sont vos perspectives par rapport à ce projet que vous avez engagé ?

Tout d’abord, il s’agit là d’un avant-goût pour moi. Il était question au cours de cette première exposition, de voir et d’avoir les perceptions du public et des critiques. Je vais approfondir le travail en l’étoffant davantage pour d’autres expositions sur le sujet.

Pour vous, que faut-il retenir de la présentation du troisième âge que vous avez réalisée ?

Vous savez, dans notre société actuelle, l’Homme qui a vieilli est indexé, à tort ou à raison, de certains maux et vices. Des appréhensions qui lui sont très souvent préjudiciables. Mais il va falloir que l’on sache vivre avec nos vieux qui en ont besoin, et qui nécessitent en encadrement de notre part, certainement après avoir réalisé le leur dans leur vigueur. Donnons-leur davantage l’amour que l’Afrique a toujours su donner à ses fils et surtout ses vieux, par le passé.