Qu'est-donc la "Fête de l'Huma"?

Comme un rituel populaire renaissant chaque mois de Septembre, la très fameuse fête de "l'Huma" vient de fermer ses portes jusqu'à l'an prochain. Beaucoup de ses visiteurs garderons le souvenir d'un vaste programme musical ou bon nombre d'invités s'illustra dans son domaine, d'autre se souviendront des fêtes de "l'Huma" d'autrefois avec nostalgie. Je suis de ces derniers.

Une question s'impose d'elle-même : qu'est-ce donc cette fête et d'où lui vient son nom?

Cette fête, à l'origine, n'était qu'un vaste rassemblement politique de la Gauche, conduit par les Communistes Français; C'est sur leur initiative qu'elle est née en Septembre 1930, dans le but de relancer la parution du journal "l'Humanité" après la libération du pays.

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Pour cela il fallait des fonds et c'est ainsi qu'est née l'idée, suivie du passage à l'acte. Ce fut donc en Septembre 1930, parc Sacco et Vanzetti à Bezons qu'eut lieu la première. S'il y eut changement de lieux d'installation pendant quelques années, une implantation définitive s'est produite dans la région parisienne, à La Courneuve précisément, dans le 93. Cette année fut lancée la 79ème annuelle.

Il serait ingrat de vouloir nier que les racines de cette "fête" étaient de prime abord purement politiques, et que ceux et celles qui s'y rendaient affichaient clairement leur appartenance à la Gauche "rouge flamboyant" et non pas rose délavé. Qu'en est-il devenu des aspirations fortes d'alors? Elles sont comme nous, elles ont changées.

De plus, il émanait de cet endroit une atmosphère bon enfant et ce qui nous attirait n'était pas l'esprit de la fête, parce que la fête d'alors était constituée par les participants anonymes heureux d'être présents.

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Pour nous y rendre, tous moyens étaient bons : le métro, le bus, la marche.. et le public n'était pas épargné par nos chants et nos cris. 48 heures de joie, de danses et de chants populaires, et l'oublie du tracas quotidien. Nos banderoles flottaient au vent, et la couleur rouge était de mise à tous les niveaux.

La "Fête de l'Huma" était notre lieu de rassemblement, le lieu de rassemblement du peuple "ouvrier"

Notre génération, celle du "baby-boom" d'après-guerre, n'a peut-être pas connu les affres de la guerre, mais elle a cependant vécu dans un quotidien ponctué de récits vécus. Le terme de "camarades" n'était pas surfait, il était réel. Il avait les relents des maquis, des résistants, des "camarades". De plus, ils se tissaient entre nous des liens que l'on pensait indéfectibles. Mais ça, c'est une autre histoire.

La "Fête de l'Huma" et ses racines populaires!

Aujourd'hui, on se rend à La Courneuve non pas pour se fondre dans la masse des "travailleurs" historiques, mais bien plutôt pour passer du bon temps en écoutant quelques artistes en mal de promotion.

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C'était aussi le point de rendez-vous des artistes "engagés" tels que Y.Montant et S.Signoret, ou encore G.Philipe et nous nous retrouvions, avec plaisir, auprès de "nos idoles" dans un tutoiement sans cérémonie.

Pendant 48 heures, c'était le déchainement et nous étions heureux d'être là, afin de rire et de chanter, et, le soir venu, de danser sur des airs de bal-musette, dans l'odeur des saucisses merguez (souvenirs rapportés de la guerre d'Algérie); La nuit venue, tous de se chercher une place afin de faire dormir nos yeux, le cœur content d'avoir passé ce temps avec ceux qui nous ressemblaient. Montaient alors "la Marseillaise, le Chant des Partisantes, l'Internationale, et enfin "bonne nuit les petits".

De la dérive politique de Gauche vers une "appellation contrôlée" qui a perdue ses couleurs d'origines.

Je ne sais pas s'il faut se focaliser sur le passé ou bien se réjouir pour un présent qui perd sa saveur année après année? Il existe une évolution pour tous les événements de la vie courante, mais une dérive si grande m'interpelle fortement. Fallait-il procéder à un virage d'une telle amplitude que l'on n'y retrouve plus rien de l'essence principale du pourquoi de cette "Fête" populaire de Gauche.

Ceux qui voulaient ignorer ce lieu de rassemblement le faisaient pour de multiples raisons, la première cependant provenait du non appartenance à un parti politique de Gauche. A ce jour, il s'impose une constatation importante : la Gauche d'alors n'est plus ce qu'elle était, la Fête de l'Huma non plus. Elle ne porte plus en elle sa référence politique mais une dérive populiste qui mêle ensemble ceux qui votent pour la droite avec ceux qui votent pour la gauche, sans oublier tous les autres, quel que soit leur appartenance politique. Jaurès ne s'y retrouverait plus. Mais ainsi va le monde moderne, qui veut bâtir sur des fondements ébranlés. Le berceau dans lequel fut déposé la "Fête de l'Humanité" s'appelait alors "Fête de l'Huma" (le journal politique communiste) Voilà la grande différence: dans ce berceau aujourd'hui repose l'Humanisme mondialiste.