Du sept au quinze octobre de l'année en cours, se tient à OTHNI-laboratoire de Théâtre de Yaoundé au quartier Omnisport, la Semaine Aimé Césaire. Plus qu'une semaine, il est question d'une dizaine de jours durant lesquels le Chantre de la Négritude.

Une célébration qui se décline en diverses facettes intellectuelles et artistiques. Il s'agit ainsi de trois grands axes majeurs à savoir : d'une part, trois conférences qui se tiennent les 7, 9 et 11 octobre à 10 heures, autour de l'engagement intellectuel, les Réflexions politiques, la Culture et la Philosophie de Césaire qui reposent eux-mêmes sur une problématique fondamentale, celle de savoir si « de la démarche poétique à la réflexion politique, l'artiste est un être politique » ; d'autre part, il est procédé les 7 et 8 octobre 2014, à la projection du film intitulé « Retour au Cahier », proposé par la Romancière Fabienne Kanor et la réalisatrice Véronique Kanor qui malheureusement, n'ont pas pu effectuer, à la dernière minute, le déplacement de Yaoundé pour des raisons professionnelles.

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Le film sorti en cette année 2014, rendant hommage à Césaire, remonte le fil de la vie du poète, de son engagement et sa contribution à l'émancipation des peuples africains et des Caraïbes. Le troisième axe de cette semaine consiste en des représentations Théâtrales, les 9, 10, 11, 12, 14 et 15 Octobre, de « Cahier d'un retour au Pays natal ».

Pour ce qui est de la pièce « Cahier d'un retour au Pays natal », c'est une adaptation de l'ouvrage éponyme de Aimé Césaire, parut en 1939. Il s'agit de la dernière création du metteur en scène camerounais Martin Ambara, qui s'est engagé au-dela de la simple adaptation, à produire une théâtralisation de la poésie. Une poésie, qui a longtemps figurée au programme d'études secondaires au Cameroun. L'artiste propose à son tour, comme se fut le cas de l'illustre auteur des lettres de l'ouvrage, une réflexion sur ce qu'est un cahier d'un retour au pays natal.

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L'artiste Ambara, dans sa mise en scène, dont la distribution repose sur : Junior Esseba et Edith Nana (comédiennes), la chanteuse Pélagie Alima, les musiciens Aimé Mama et Georges Onguéné, avec Bertrand Yakana et Snake pour danseurs, sur une scénographie de Jean-Michel Dissakè et une régie de Valery Ebouèlè, offre un spectacle qui d'apparence pourrait être perçu comme hermétique. Cependant, les clefs semblent se retrouver dans éléments culturels de son chef d'œuvre. Les référentiels de ce qui est donné à voir semblent aisni ressortir de l'aire Beti-fang-bulu, dont l'instrument et genre musical qu'est le Mvet transporte la mystique.

Cette commémoration, de Aimé Fernand David Césaire de son vrai nom, revêt un caractère à la fois historique et mémoriel. Il s'agit d'une évocation naturelle des chantres de la Négritude telles que Léon-Gontran Dumas, Léopold Sédar Senghor. C'est aussi une remonter du temps des combats menés sous le label Négritude, en faveur de la reconnaissance et de la valorisation du peuple noir et frères de race sur les champs culturel et politique, mais également de la conjonction de l'art et de la réflexion permanente sur les identités sociales.

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Nonobstant le discours sans cesse courtois et humain.