« Un subtil mélange de Gravity et Inception »diront certains. « Encore un chef-d'œuvre de Christopher Nolan » diront d'autres. Le réalisateur, connu pour ses scénaris complexes(memento) mais aussi et surtout pour avoir redorer le blason de la franchise Batman n'avait plus rien à prouver. Il relève pourtant le challenge de se lancer dans la nouvelle tendance de la conquête spatial. 2h et 49 minutes suffiront-elles à vous transporter dans une autre galaxie ? Le décollage du verdict est lancé.

Avant toute chose, un petit pitch s'impose. Sur une future planète terre des plus hostiles, Cooper(Matthew Mc Conaughey), ancien ingénieur reconverti en fermier, vit presque en sursis avec son père et ses enfants.

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Un message envoyé par des « entités lointaines » le conduit dans les laboratoires de la NASA, où il rencontre son ancien mentor, le professeur Brand et sa fille Amélia. Une rencontre tout sauf fortuite. Matthew semble être l'élu, choisi pour être envoyé dans l'espace à la recherche d'une nouvelle planète pour accueillir l'humanité. Un scénario aux premiers abords quelconque qui ne brillera pas forcément par son originalité par la suite. Mais nous y reviendrons.

Premiers instants, premières faiblesse. Si le mât blesse quelque part, c'est incontestablement lors de la scène d'exposition, durant un bon trois quart d'heure. Patience il vous faudra pour apercevoir les premières étoiles et être plongée dans le film. Une scène d'exposition qui traîne en longueur, s'exposant dans de longs discours scientifiques qui aideront certes à une meilleure compréhension du film, mais qui manque clairement de sentiments.

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Les personnages manquent de personnalité, de profondeur. Chaque acteur fait pourtant bien son job. Matthew Mc rempli parfaitement la tâche du père prêt à tous les sacrifices pour sauveur l'humanité (Bruce Willis, où étais-tu durant tout ce temps ?). Anne Hathaway est-elle tout à fait convaincante dans le rôle de la scientifique quelque peu ingénue, voir même moins agaçante que d'habitude. Et pourtant. Le lien entre ces deux collègues-et plus si affinité, même si ce n'est jamais réellement suggérer- semble se tenir au strict minimum tant il est superficiellement traité. Même les personnages robotiques, servant de « comic relief » font preuve de plus d'humour et d'humanité.

Au-delà de cette scène d'exposition qu'on jugera « impuissante », le film se rattrape avec une mécanique imparable. Il est difficile de ne pas être littéralement plongé dans cet univers, cette ambiance, allant à la fois si vite et si lentement, à la manière du décalage horaire entre galaxie et planètes. Jamais le scénario ne surprend.

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Si on ne devine pas littéralement la fin, la plupart des « twists » sont très téléphonés. Ce qui n'empêche qu'on s'y prend, tantôt touchés par certaines scènes(la musique jouant beaucoup), tantôt pris de convulsions dues à l'intensité de l'action. Une fois l'équipe héroïne lancée, les choses ne traînent plus. Amateurs de science-fiction(ou de science tout court) y trouveront peut-être là moins de plaisir, le film étant clairement présenté comme mainstream. Les autres y trouveront là un bon blockbuster, bien gras mais jamais indigeste. On nous avait promis de sublimes décors et un scénario des plus complexes à en donner des rides. On ne nous avait pas menti mais pas tout dit non plus. Si les images, sublimes, ne déçoivent jamais et aident à l'immersion, l'histoire demeure trop clichée et pas assez creusée pour envoyer nos neurones sur orbite. Dommage. On retiendra enfin que tout comme dans « inception », autre gros blockbuster de Nolan, l'aspect très pédagogue du projet, tant les personnages s'acharnent à nous expliquer la rationalité de leur quête.

En résumé, Interstellar, plein de promesses, les tient toutes ou presque. Malgré des défauts plus qu'évidents, il demeure un excellent divertissement. Cela étant, ne considérez pas ce film comme une bonne introduction au genre de la science-fiction ou de la conquête inter spatial. Ce n'est clairement pas dans ses intentions. Ici, à coup d'action et d'équation, vous serez trois heures transporté dans un futur alternatif. Mais hélas, pas dans l'espace. Somme toute, c'est déjà pas mal, non ? #Films #Cinéma