L'Histoire serait un mensonge. Celle qui nous est racontée depuis tous petits, dans les livres, dans tous les #Films dont le cinéma, celui d'Hollywood, nous a abreuvés. Exodus, le dernier péplum de Ridley Scott, en est le dernier exemple en date.

De son titre original « Exodus : Gods and Kings », le film inspiré de l'exode du peuple hébreux hors d'Egypte, a récemment créé la polémique et essuyé de lourdes critiques dans de nombreux pays, notamment en Egypte et au Maroc où il a été censuré et interdit des salles pour son caractère anachronique. Sans pour autant remettre en cause la qualité du travail de Ridley Scott, à qui nous devons déjà le péplum « Gladiateur » en 2000 ou encore « Robin des bois » en 2010, les critiques les plus fréquentes portent sur le casting et sur la présence dans le film de scènes qui d'un point de vue religieux frisent le blasphème, tout obscurantisme mis à part.

Publicité
Publicité

Tout d'abord, le casting. Monsieur Scott a lui-même choisi le britannique Christian Bale pour jouer (Source Wikipédia) le rôle de Moïse qui pourtant, on le sait n'était pas blanc. Pareil pour le second rôle du film, celui de Ramsès qui est attribué à l'australien Joel Edgerton ou encore celui de Josué joué par l'américain Aaron Paul. Au final, tous les principaux rôles - en dehors de Bithiah (la mère adoptive de Moïse jouée par l'arabo-israélienne Hiam Abbass) et Nefertari (jouée par l'iranienne Golshifteh Farahani) - sont attribués à des acteurs blancs. Les acteurs de race noire ou métisse quant à eux se cantonnent dans des rôles d'esclaves et autres figurants. Ce qui sort ce film de la logique d'être une sorte de fresque biblique. Il existe pourtant bien plus aujourd'hui qu'il y a 10 ans ou 15 ans, des acteurs non blancs capables d'assumer ces rôles sans faire tache à la réputation de Ridley Scott.

Publicité

Et que dire du fait que le scénario change la vision qu'on pouvait avoir jusqu'ici de ce récit. A l'image de ce que Christian Bale lui-même dit du personnage qu'il interprète : « je crois que cet homme était un schizophrène en puissance, et l'un des individus les plus barbares dont j'ai jamais pu lire l'histoire […] C'était un homme tourmenté et tumultueux, qui se battait contre Dieu et contre son appel » (Source Wikipédia). Moïse est peint plus comme un soldat, un guerrier avec son épée, qu'un guide spirituel tel qu'il est décrit dans la Bible, la Torah et le Coran. Un guerrier donc (vu son allure on dirait un perse, romain ou spartiate) et pas le prophète qui aurait divisé la mer Rouge en deux avec son bâton. D'ailleurs, d'après le scénario, il aurait plutôt profité d'une marée basse qu'autre chose. Aucun miracle alors.

Du point de vue artistique, peut être que le scénario et la réalisation du film ont le mérite d'aborder cette histoire d'un angle différent, mais il ne restitue en rien la vérité et porte ainsi atteinte à l'héritage des populations descendantes des peuples auxquels ce film fait référence.

Publicité

Car il s'agit bien d'héritage, n'en déplaise à ceux qui jugent ces critiques trop obscurantistes, profitant de l'occasion pour pointer du doigt les adorateurs d'Allah.

De l'art pour l'art donc, où l'histoire que nous connaissons est falsifiée, réinterprétée au nom de la liberté artistique, nous donnant l'impression que l'histoire est elle-même un mensonge. Le film « Noé » de Darren Aronofsky suscitait déjà ce sentiment. Ceci dit, ce film n'en demeure pas moins un spectacle que les amateurs de fictions apprécieront certainement. #Fiction