Abderrahmane Sissako et son film Timbuktu faisaient figure de grands favoris à la cérémonie des #Césars 2015. Au théâtre du Châtelet à Paris, le cinéaste mauritanien et son oeuvre ancrée dans la réalité contemporaine de la guerre et du terrorisme ont tout emporté sur leur passage. La grand messe du #Cinéma français a salué le message véhiculé ainsi que l'émotion générée par cette fable sur la vie dans le nord du Mali sous la coupe des jihadistes. Timbuktu a collectionné sept statuettes dont celle, très convoitée, du meilleur film, remise par le président de cette 40ème édition, l'acteur Dany Boon. Aux prix récompensant le meilleur scénario original, la meilleure musique originale, le meilleur son, la meilleure photo et le meilleur montage est venu s'ajouter celui du meilleur réalisateur.

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Un triomphe pour Abderrahmane Sissako, premier réalisateur africain à remporter une telle récompense : "Je voudrais remercier tous ceux qui ont aidé ce film, remercier mon pays la Mauritanie. Ça a été quelque chose d'éprouvant, mais on l'a fait." Avant d'adresser un message fort à l'assemblée : "La France est un pays magnifique, parce qu'elle est capable de se dresser contre l'horreur, contre la violence, l'obscurantisme. Il n'y a pas de choc des civilisations, ça n'existe pas. Il y a une rencontre des civilisations. Au-delà de la Mauritanie, c'est l'Afrique qui nous regarde aussi, ce continent extraordinaire, dont on parle rarement dans sa beauté et sa force, un continent beau et fort." Dans quelques heures, Abderrahmane Sissako et son équipe s'envoleront pour Los Angeles et la 87ème cérémonie des Oscars, où Timbuktu est nommé dans la catégorie du meilleur film étranger.

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Pierre Niney et Adèle Haenel au firmament

Pour son rôle dans Yves Saint-Laurent, un biopic consacré au célèbre couturier et réalisé par Jalil Lespert, Pierre Niney, très ému, a obtenu le césar du meilleur acteur : "Merci Jalil de ta confiance, de ta sensibilité. Merci de ton intégrité. Merci à Guillaume Gallienne qui est l'autre moitié de cette histoire d'amour et donc de ce césar, mais comme tu en as eu cinq, l'année dernière, celui-là je le garde pour moi." Déjà récompensée l'an dernier par le césar du meilleur second rôle grâce au film Suzanne, Adèle Haenel est cette fois-ci montée sur scène pour récupérer la statuette de la meilleur actrice pour son rôle dans le film Les Combattants : "Ça fait vraiment un drôle d'effet. Je tiens à remercier toute l'équipe du film et mon partenaire Kévin Azaïs", qui a de son côté remporté le césar du meilleur espoir masculin. Louane Emera, actrice novice dans La Famille Bélier, a quant à elle reçu le césar du meilleur espoir féminin des mains du réalisateur Cédric Klapish et de l'actrice Cécile de France : "J'ai du mal à respirer. Je voudrais dire que je suis tellement fière d'avoir été nommée à vos côtés les filles, vous êtes tellement talentueuses. Merci à vous d'avoir voté pour moi, je vais tout faire pour ne pas vous décevoir." Kirsten Stewart, meilleure actrice dans un second rôle, Reda Kateb, meilleur acteur dans un second rôle ou encore Xavier Dolan et son Mommy, meilleur film étranger, viennent compléter le palmarès de cette quarantième cérémonie des césars.

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Une cérémonie riche en émotions

L'hommage rendu au réalisateur disparu en mars 2014, Alain Resnais, conclu en musique par Lambert Wilson, Sandrine Kiberlain et Pierre Arditi a fait monter les larmes de l'actrice Sabine Azéma, qui fut sa compagne pendant plus de trente ans. Un peu plus tôt dans la soirée, le théâtre du Châtelet s'est levé quand le césar d'honneur a été remis Sean Penn pour une standing ovation de plusieurs minutes saluant la carrière de l'acteur américain : "C'est le cinéma français qui à mon sens, a maintenu toutes ces vertus et a encouragé le maintien des rêve des cinéastes à l'époque où le cinéma est devenu un refuge quand les choses sont devenues trop cyniques. Les acteurs et réalisateurs français ont porté haut les valeurs du cinéma", a-t-il déclaré en recevant son prix.

Édouard Baer, maître de cérémonie, s'est lui autorisé quelques folies pour animer cette longue soirée. Avant d'improviser un tournage intitulé "Panique aux césar" avec notamment Gaspard Ulliel, François Damiens, Jean Rochefort, Romain Duris et Fleur Pellerin, ministre de la Culture, il a osé introduire Julie Gayet et Denis Podalydès, venus remettre le césar du meilleur espoir masculin, en les présentant comme "un couple ensemble dans la vie à la ville, comme à l'écran". Une blague qui a fait le bonheur des réseaux sociaux, et gêné l'actrice, dont la relation avec le Président français François Hollande n'est un secret pour personne.