Ils étaient plusieurs dizaines à avoir bravé le froid et la pluie, simplement armés de leur parapluie, de leur bonnet, de leur appareil photo et surtout de leur patience. Devant le théâtre du Châtelet, et derrière les barrières de sécurité, amateurs de #Cinéma, simples curieux ou touristes de passage sont venus dans l'espoir d'apercevoir leur idole, de décrocher un autographe, d'arracher un sourire, un regard à ces stars du grand écran. Pour avoir le sentiment, aussi, de participer, à leur manière, à la grande fête du 7ème art français.

Un parterre de stars

Sur le tapis rouge gorgé d'eau, les voitures se succèdent pour déposer celles et ceux qui font rêver les anonymes.

Publicité
Publicité

À chaque nouvelle arrivée, le même manège se met en place. Photographes et cameramen s'agglutinent autour des acteurs, actrices, réalisateurs et autres invités dans l'espoir d'obtenir le meilleur cliché, la meilleure image. Dans un balais incessant de flashs et de crépitements défilent Guillaume Galienne, Karin Viard, Gaspard Ulliel, Émilie Dequenne, François Damiens et bien d'autres. Habitués des cérémonies, tous remplissent leur rôle, posent, tout sourire, devant les objectifs, répondent aux quelques sollicitations d'interviews sous le chapiteau monté pour l'occasion, avant de s'engouffrer dans le théâtre du Châtelet.

Au coeur de ce carnaval de personnalités du 7ème art, rares sont ceux à récompenser les courageux qui ont fait le déplacement. La plupart n'offre pas même un coup d'oeil aux personnes réunies aux portes du théâtre : "On vient les voir, leur témoigner notre amour, et ils sont peu à faire attention à nous et à notre présence" peste un père de famille.

Publicité

Louane Emera, toute nouvelle dans le métier, semble de son côté profiter de ces moments précieux avec ses nouveaux fans, et prend le temps de s'approcher du public. Pierre Niney lui aussi, vient saluer la foule, pour le plus grand plaisir de ses admiratrices. Leila Bekthi, Marina Foïs, et enfin Dany Boon, seront, pour ainsi dire, les seuls à les imiter.

Un public entre plaisir et déception

Loin des du strass et des paillettes, relégués à quelques mètres de là par la sécurité, il y a les enthousiastes, qui se bousculent dans quelques cris d'hystérie et qui commentent la beauté des robes de soirée : "Marion Cotillard ! Elle est trop belle ! T'as vu ses chaussures ?!" entend-on sur la droite. "Oh regarde, c'est Louis Garrel, quel beau gosse ! Quelle élégance !" s'exclame une autre sur la gauche. "C'est Juliette Binoche ! Elle est superbe, elle est avec une autre femme, tu vois qui c'est à la télévision ?" commente une troisième au téléphone, pendant que quelques uns se posent en hauteur sur la fontaine place du Châtelet et que certains courent le long des barrières de sécurité, afin de trouver la meilleure place pour assister au mieux au spectacle : "Viens, on voit mieux de l'autre côté".

Publicité

Il y a aussi les grincheux, qui se laissent aller à un florilège de critiques : "On voit rien, poussez-vous un peu !" ; "Elle est pas si belle en fait, elle a une tête normale" ; "C'est qui celle-là avec sa dégaine d'épouvantail ?" Il y a bien sûr les habitués, ceux qui ne manquent pas une cérémonie et qui reviennent toujours profiter de ces quelques moments hors du temps : "Il y a deux ans, j'avais vu Catherine Deneuve, elle s'était arrêtée à un mètre de moi, c'était incroyable" confie ainsi un inconditionnel du tapis rouge, la main vissée sur une petite caméra qui ne perd pas une miette de cette parade de célébrités. Il y a enfin les photographes qui n'ont pas eu la chance d'avoir une accréditation, perchés sur des escabeaux de fortune, qui haranguent, le plus souvent sans succès, Jean Rochefort, Luc Besson, Léa Seydoux puis Joey Starr pour faire chauffer les pellicules. Le point d'orgue de ce début de soirée est atteint à l'apparition de l'icône mondiale Sean Penn, venu chercher un César d'honneur en compagnie de l'actrice sud-africaine Charlize Theron. Les "Sean ! Par ici !" et les "Charlize je t'aime !" pleuvent, avant que, quelques secondes, plus tard, l'euphorie ne retombe aussi vite.

Très vite, alors que l'ouverture de la cérémonie approche, le bal des voitures se fait plus rare et la petite assistance commence à s'éclipser. Certains resteront jusqu'à la fin de la soirée : "C'est quand même génial de pouvoir les apercevoir. Peut-être qu'après la cérémonie, on aura plus de chance pour prendre de bonnes photos". #Césars 2015