En un siècle, le monde a vu l'émergence et le développement d'un secteur qui représente aujourd'hui en France 2,7 milliards d'euros : le jeu vidéo. Selon l'AFJV, l'agence française pour le jeu vidéo, on estime que 53% des Français se plongent quotidiennement dans les divers mondes virtuels

Les jeux se font de plus en plus nombreux. Quand certains consistent juste à faire passer le temps, d'autres s'organisent jusqu'à faire naître des ligues, des équipes et même des tournois internationaux. En 2013, la finale de League of Legends, un jeu de combat stratégique en ligne, était visionnée par 32 millions de personnes soit dix fois plus que la finale de Roland Garros de l'an dernier. Les jeux vidéos requièrent de plus en plus de l'entrainement, des stratégies, ou autrement dit du temps, de la concentration et du sang froid, notamment lors de compétitions internationales où les enjeux sont gros. 

Le problème pourrait s'arrêter là si l'on considérait que l'activité cérébrale, à elle seule, ne permettait pas de faire d'un loisir un sport. Néanmoins, en France, comme dans d'autres pays, les échecs sont reconnus comme étant un sport à part entière. Cela parait très justifiable étant donné que le cerveau est un organe comme un autre et que comme pour tous les composants du corps humain il est possible de le doper (d'où l'émergence d'organismes anti-dopage aux échecs). #Jeux vidéo

N'en déplaise à la vieille école, il devient alors délicat de refuser le statut de sport à des jeux stratégiques virtuels. En effet, comment juger si l'activité cérébrale est plus intense aux échecs ou à un jeu vidéo, et quant bien même elle le serait plus aux échecs, cela permettrait-il de priver les jeux vidéos du statut de sport ? Le sujet ne fait aujourd'hui pas de grandes polémiques. Néanmoins pour nos propres réflexions, il semble intéressant de se demander où se trouvent les frontières entre ces machines que certains de nos ainés jugent "abrutissantes" et les activités telles que le rugby, le football ou encore le tennis. Nous sommes en droit de nous demander si la présence d'un écran exclu la dénomination de sport à une activité.