Elles durent moins de trois minutes mais sont terriblement efficaces. Les web-séries se multiplient et permettent à des artistes de prouver leur talent. Une chance que la télévision ne leur aurait pas offert. Et beaucoup l'ont saisi.

Valentine : « L'occasion de casser les codes »

Valentine a une place à part dans le monde de la comédie. Déjà connue grâce à divers rôles dans le théâtre et le cinéma, elle a auto-produit « J'veux un mec » sur Dailymotion. L'histoire d'une femme ronde qui se retrouve dans des situations fantasques à la suite de rencontres sur #Internet. La jeune actrice se joue des stéréotypes sur les rondes et fait dans l'auto-dérision la plus efficace.

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Et le moins que l'on puisse dire est que le succès est au rendez-vous. Depuis février 2013 et 14 épisodes, le bébé de Valentine a attiré pas moins d'un million de visiteurs et obtenu deux prix de la meilleure web-série, dont l'une à Montreux (Suisse). Et pourtant, ce n'est pas pour sa connaissance du monde du web que Valentine a réussi à percer. « J'ai découvert Norman il y a six mois, sourit-elle. Au début, je voulais faire des projets avec des chaînes. Mais je ne suis pas le type de femmes qu'ils cherchent si vous voyez ce que je veux dire. J'ai donc posté une vidéo sur Facebook. Et ça a été un carton. Je n'ai pas compris! » Contactée par Dailymotion, la jeune femme se réjouit d'avoir pu faire passer un message grâce à sa web-série. « Je souhaite casser les codes, explique-t-elle. J'en avais marre qu'on me propose les mêmes rôles de la nana qui bouffe des hamburgers. Et je crois que mon côté libre et provoc' m'a rendu service. Du coup, je ne reçois plus les mêmes propositions aujourd'hui. » Souriante et pleine de vie, Valentine continue à faire rire des milliers d'internautes et entend bien changer certaines mentalités grâce à l'humour.

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(Découvrez "J'veux un mec" sur jveuxunmec.com)

Baya Rehaz : « Des terrains que la télé n'oserait pas explorer »

Baya Rehaz s'est déjà fait un joli nom, que ce soit dans le cinéma (La vie d'Adèle) ou le théâtre (Hibernatus). Pleine d'énergie et d'idées, l'artiste a lancé le projet « PARIS, un jour de », une web-série directement inspirée de sa propre expérience. « C'était une veille de Saint-Valentin en 2010, raconte la comédienne. J'étais avec des copines à Belleville et je voulais parler du comportement des filles célibataires pendant cette fête. Vous savez, celles qui clament qu'elles sont célibataires et fières de l'être, que la Saint-Valentin est une fête commerciale… Et qui changent d'avis le jour venu. » Baya écrit alors « Paris, le 14 février » et tourne l'épisode en deux heures avant de le poster sur le web. Le buzz est immédiat. Après quelques mois riches en rebondissements, le projet plaît au festival de Luchon puis est repéré par Dailymotion. Les 2 premiers épisodes « Paris, un jour de rupture » et « Paris, un jour de rendez-vous » font près de 68 000 vues.

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Baya Rehaz voit le web comme une chance. « C'est une réponse efficace et immédiate, lance-t-elle. Une véritable contre-programmation. Une web-série s'aventure sur des terrains que la télévision n'oserait pas explorer car c'est trop confidentiel ou pas assez vendeur. Ça peut permettre à des jeunes talents d'éclore. Cela pousse à la créativité et l'exigence. » Face à l'impressionnante vague de mini-séries sur le web, la jeune comédienne donne trois conseils : « qualité, originalité et professionnalisme. » « Il ne suffit pas de mettre son épisode sur le net et attendre le nombre de clics, estime l'actrice. Il faut parfaitement connaître son projet. Il n'y a pas de résultat sans travail. » Aujourd'hui, Baya Rehaz vient de finir la pièce à succès Hibernatus avec Jean-Luc Reichmann et Ingrid Chauvin. Le temps pour la saison 1 de « Paris, un jour de » d'attirer tous les internautes. (Découvrez « Paris, un jour de » sur http://www.dailymotion.com/bayarehaz)

Paul Paulsen : « Une bonne manière de se faire une carte de visite »

Paul Paulsen a créé l'une des premières web-séries françaises en 2007 sous le titre de « Décide toi, Clément! » Après avoir lancé sa société de production Ninth Pole, il a produit « Ce soir, il conclut » et 185 vidéos. Financé par YouTube Before, il a récolté plus de 8 millions de vues. Il revient aujourd'hui avec « Mec, aide moi » et une parodie de la dernière chanson des Enfoirés. Pour lui, la mode de la web-série a réellement explosé en 2009-2010.

« Elles sont, non seulement, devenues des formats à part entières mais elles se sont aussi morcelées en mini-formats, analyse-t-il. Le terme de web-séries veut tout et rien dire. Mais pour ce qui est de la 'série de fiction sur le web', elle n'a pas du tout trouvé son business model. Par contre, c'est devenu une bonne manière pour les réalisateurs en devenir d'avoir une carte de visite. Ça a tendance à remplacer le court-métrage. »

Prenez plaisir à écouter sa parodie du dernier clip des Enfoirés sur sa page YouTube :(https://www.youtube.com/watch?v=Z-cAqtorhwA)

La web-série est, certes, une excellente alternative à la télévision. Mais les nécessités sont les mêmes. Travail et originalité restent les moteurs du succès. #Séries TV