Norman Thavaud a créé le buzz il y a déjà 4 ans avec ses vidéos filmées dans sa chambre. Son humour décalé, sa vision du quotidien totalement original et son ton très moderne ont fait mouche sur le net, et depuis, sa chaîne Youtube attire des dizaines de millions d'internautes. Si Norman cartonne dans le monde virtuel, il remplit aussi les Zéniths de France. Rencontre avec le pionnier du "web man show".

Blasting news : Vous êtes en tournée en ce moment avec votre premier spectacle, comment se passe la rencontre avec votre public ?

Norman : Ça se déroule plutôt bien ! C'est un vrai kiffe pour moi, parce que jusqu'à présent c'était des gens "digitaux" que je voyais, sous forme de vues, de commentaires...des gens pas vraiment vrais ! Avec la tournée, je peux voir le public, les faire rire en vrai, pour moi c'est une étape franchie, donc beaucoup de bonheur !

Vous avez créé un buzz incroyable avec "Norman fait des vidéos" en 2011, est-ce que vous l'aviez fait dans ce but ou c'est un hasard total ?

Au départ c'était juste pour le fun ! C'était vraiment pour faire rire mes amis...et c'est tout !

Mais vous aviez déjà une sensibilité avec le format vidéo...

Oui quand j'étais petit je m'amusais déjà à faire des vidéos avec la caméra de mon père à la maison.

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Et puis j'étais monteur vidéo avant de commencer "Norman fait des vidéos", donc c'était vraiment mon métier, que j'ai simplement "décliné" de façon humoristique.

A l'époque c'était la première fois qu'on voyait ce type de vidéo en France, est-ce que vous aviez conscience d'inventer un nouveau genre d'humour ?

Ah non mais moi j'ai conscience de rien du tout ! Je n'ai pas la prétention de dire que j'ai inventé quoi que ce soit. J'ai simplement essayé de mettre mon style personnel, et si jamais cela a permis d'ouvrir des portes, tant mieux !

Et c'est le cas, puisque vous avez été beaucoup copié !

Souvent copié, et souvent égalé !

Vous êtes potes entre Youtubeurs de toute façon ?

C'est vrai que je suis ami avec pas mal de Youtubeurs, Cyprien, Squeezie, ...ou même le Woop, mais c'est gens là, je les ai rencontré avant le buzz.

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C'est des gens avec qui j'ai grandi, des amis d'adolescence. On a commencé les vidéos ensemble, avant d'être connu. Et puis comme j'ai eu la chance de faire le buzz, ça a suivi pour tout le monde, et c'est super !

Vous faites même des vidéos ensemble, il y a une sorte de "transversalité"...

On peut parler de ce mot très compliqué qu'est la "transversalité"...

Il est sorti tout seul !

Je ne pensais pas qu'un jour j'aurai recours à ce mot, mais j'aime le prononcer, ça me fait plaisir ! Merci à vous !

Dans vos vidéos, vous abordez les tracas du quotidien, les petites choses qui vous agacent, est-ce que c'est les mêmes sujets sur scène ?

Oui et non ! Les gens qui aiment les vidéos s'y retrouveront complètement, c'est le même univers, le même ton puisque c'est toujours moi qui parle ! Cependant sur scène, je suis un petit peu plus mûr je dirais. Je raconte les galères d'un mec de 28 ans, c'est à dire moi, c'est mon âge, même si j'ai le visage d'un homme de 14 ans... En fait sur scène je suis un peu plus tranché sur mes avis, je peux parler de choses plus politisées, je parle des communautés, des religions, des sujets plus "touchy", que je ne pourrais pas aborder sur #Internet.

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Donc la scène c'est un vrai complément par rapport aux vidéos Youtube, et c'est ça que j'aime.

Tout le contenu est vraiment inédit dans votre spectacle, où vous avez repris certaines vannes des vidéos ?

100 % inédit évidemment, sinon on pourrait appeler ça un vol ! Si je faisais ça, je volerais les gens et en plus ça serait pas rigolo !

Vos vidéos font toujours des millions de vues, tout marche bien, pourquoi vous avez eu envie de prendre le risque de la scène ?

Depuis toujours je suis un très grand fan de stand-up, donc déjà c'est un rêve de gosse. Et puis c'est un challenge, quand j'ai rencontré mon metteur en scène Kader Aoun, je me suis dit : "Est-ce que j'ai le courage de monter sur scène et de continuer l'aventure en vrai ?". Evidemment c'est toujours très excitant ce genre de challenge, donc j'y suis allé !

Avant d'attaquer les Zéniths, vous avez joué dans de petites salles, c'était important pour vous de faire vos armes, malgré une notoriété déjà acquise ?

Bien sûr ! Je suis reparti à zéro, je ne pouvais pas arriver dans un Zénith sans n'avoir jamais rien essayé, donc je me suis entraîné pendant un an et demi, dans une petite salle parisienne, Le Paname, devant 50 personnes tous les soirs. De passage en passage, mon spectacle est né ! 

En même temps c'est aussi plus simple d'aller sur scène, quand on a déjà un public ?

Oui c'est sûr que par rapport à d'autres humoristes bourrés de talent, qui travaillent comme des dingues et qui ne rencontrent pas forcément le public qu'ils méritent, j'ai vraiment de la chance, puisque j'ai déjà un certain public qui me suit. Mais les gens qui viennent voir mon spectacle ne sont pas forcément ceux qui regardent mes vidéos. C'est un nouveau public pour moi, donc ce n'est pas si facile que ça de convaincre les gens en étant marrant tous les soirs. En tout cas c'est ce que je m'efforce de faire de manière constante !

Est-ce qu'il y a de la jalousie de la part des humoristes, dont vous parlez, qui galèrent un peu malgré leurs efforts et leur talent ?

Je ne sais pas trop, mais c'est pas ma bataille. Moi je suis plutôt pacifiste dans ce monde, je suis très cool, j'ai pas d'ennemis. J'ai pas d'ennemis parce que j'ai besoin de personne, contrairement aux gens qui se fâchent tout le temps parce qu'ils ont besoin des autres pour avancer. Jusqu'à présent en tout cas il n'y a pas de guéguerre, au contraire je me suis fais beaucoup d'amis dans ce milieu, mes premières parties en l'occurrence, comme Akim Omiri par exemple. C'est que du positif en fait !

Norman sur scène, au Zénith de Cournon le 28 mai, au Prisme d'Aurillac, le 29 mai, à la Halle Tony Garnier de Lyon, le 30 mai...Toutes les dates sur normanfaitdesvideos.com.