On a envie de l'écouter parler durant des heures. La culture musicale de Steevy est étendue et impressionnante. Son enthousiasme est communicatif. Son sujet il le maîtrise. Première partie de l'interview du Stéphane Bern de la musique urbaine.

 

 

 

Virginie Caille : Bonjour Steevy, tu veux bien nous parler un peu de ton parcours ?

Steevy : J'ai grandi au Cameroun et j'ai toujours été fasciné par la #Musique. Ma mère en écoutait énormément, elle a vécu aux Etats-Unis et en Europe. Du coup ses goûts musicaux me sont restés. Plus tard, parallèlement à mes études de communication, j'ai travaillé dans des radios, dans des labels.

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Aujourd'hui, à 27 ans, je travaille à mon compte je m'occupe de la communication d'artistes afros, et bien sûr je gère mon site MusicFeelings.

 

VC :Justement parle-nous de MusicFeelings, pour quelles raisons l'as-tu créé ?

S : Musicfeelings, c'est un moyen d'analyser et de percevoir la musique à travers une culture R&B/Hip Hop. Tous les magazines en général partent des codes pop et purement pop pour donner leurs avis sur la musique. On ne parle pas de R.Kelly s'il n'a pas de chanson comme "I believe i can fly" en France, et quand ça ne ressemble pas à ce titre, on pense que c'est nul alors qu'il ne représente en rien sa carrière. Quand on parle de Ginuwine ou de Aalliyah chez les Inrocks (que j'adore), c'est dans "Plaisir Coupable". Sur MusicFeelings, on essaie de défendre la musique urbaine allant de Donny Hathaway, Stevie Wonder, Minnie Riperton à R.Kelly, Mary J Blige ou Maxwell mais aussi d'avoir un point de vue général sur la musique pop en parlant de cette musique urbaine, et même si ce n'est pas toujours compris.

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Sans prétention aucune, c'est ce que j'essaie de mettre en exergue.

 

 

VC : Ce qui fait entre autre le succès de MusicFeelings, ce sont ces dossiers extrêmement bien étayés que tu proposes. Comment et où te documentes-tu ?

S : Entre 2003 et 2010, j'ai passé énormément de temps sur les forums musicaux américains. Ca m'a permis d'acquérir une base que j'étaye ensuite grâce aux informations de Billboard et d'autres références. Parfois j'utilise aussi des articles que j'ai lus il y a plusieurs années... J'ai énormément de brouillons de dossiers débutés mais pas encore terminés.

 

VC : Selon toi quel est l'avenir de l'industrie musicale ?

S : Je pense qu'en 2030 il n'y aura que de la musique en streaming. C'est normal, comme le vinyle, le CD physique est amené à disparaître. Par contre, le format album va perdre de la valeur si on continue à décompter le streaming comme on le fait actuellement. Dire qu'une chanson écoutée 1500 fois équivaut à un album fausse les chiffres. Par exemple l'album de Mark Ronson a été certifié car son duo avec Bruno Mars "Uptown Funk" a cartonné mais quand on y regarde de plus près le décalage avec la vente réelle d'albums est énorme ! C'est un système qu'il faut repenser.

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VC : Que penses-tu du dernier album de Beyoncé "Lemonade" ?

S : J'aime bien Beyoncé et je l'aimais déjà bien avant la Beyhive (surnom des fans de Beyoncé). Je me souviens que je surnommais Kelly Rowland "la madeleine" tant elle me paraissait insignifiante à côté de Beyoncé (rires). Je devais avoir 13 ans, j'adorais Beyoncé et Brandy : elles étaient mes deux "B". Je ne nierais jamais le talent de Beyoncé car il est évident. En revanche le décalage entre son talent et sa musique est flagrant. "Formation" est un morceau de trap basique. Je ne comprends pas que Beyoncé se soit abaissée à chanter un titre pareil, mais parce que c'est elle, on doit dire que c'est génial. Son image est tellement forte qu'elle prend le dessus sur tout, même sur l'essentiel, soit la musique. Ce qui me gêne aussi dans son dernier album, c'est l'exploitation qu'elle fait de l'infidélité supposée de son mari Jay-Z et de la cause des noirs.

 

 

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