Située entre la gare du Midi et le quartier européen, la Porte de Namur, du nom de la station de métro Porte de Namur dans la commune d'Ixelles à Bruxelles, se dresse majestueusement, une fois en surface, avec ses ambiances aux forts accents africains. Ici se rencontrent toute l'Afrique du Royaume et celle des pays environnants. Pour bien faire les choses, le lieu a été rebaptisé "Matonge" (Lisez Matonguè), comme le bouillonnant quartier du même nom à Kinshasa, la capitale congolaise. Au rythme des sons et couleurs venus du continent noir, le Matonge bruxellois vous en mettra plein les yeux. Immersion dans l'univers africain au cœur de Bruxelles.

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Ce samedi, il est 15 heures. C’est un bel après-midi ensoleillé d’un début d’été caniculaire. Nous sommes à la sortie du métro «Porte de Namur». Nous prenons la chaussée de Wavre quand une clameur s’élève au ciel. Les sonorités africaines déchirent l’air. Une grande fresque qui décrit une scène quotidienne des villes africaines se dresse là, au petit carrefour qui réunit les Chaussées de Wavre et d’Ixelles. Bienvenue à Matonge, le petit quartier de la commune d’Ixelles, dans l’intersection de l’avenue du Trône, chaussée de Wavre et la chaussée d’Ixelles au cœur de Bruxelles, la capitale des institutions européennes.

 

Sur la chaussée d’Ixelles, les voitures sont presqu’au ralenti. Personne n’est pressé. Dans une berline décapotable, un homme vêtu d’un costume aux couleurs bien vives, toutes griffes dehors, cigare à la bouche, discute bruyamment avec un passant.

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C’est un «Ndeko» (Un frère en langue Lingala du Congo, ndlr). De belles et jeunes femmes pressent le pas. Elles veulent profiter des soldes dans les galeries. Elles bousculent tout le monde à leur passage. Personne ne proteste.

 

Certains hommes en profitent pour placer un ou deux mots. Ils espèrent. C’est l’été. Les mines sont radieuses et à Matongé, on sait en prendre son plaisir. A l’intérieure des galeries, il faut avoir des tympans solides. On crie, on braille, on court, on discute, on négocie, on danse. On se croirait dans un marché quelque part en Afrique. Matongé tire son appellation actuelle d’un quartier de Kinshasa, Matonge, situé dans la commune de Kalamu.

 

Outre l’informel, le marché noir fait de Matonge une zone de prédilection pour un grand nombre de jeunes africains dans l’oisiveté à Bruxelles, et qui jouent ici le rôle de rabatteurs au profit des salons de coiffures ou d'onglerie par exemple. A peine sortie du métro Porte de Namur : «Mama Ciseau, Papa ciseau», crie un rabatteur.

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Entendez, "voulez-vous vous faire coiffer". «Pantalon, bijoux, vêtements de marque à 50 euros», poursuivent d’autres.

 

Agé de 29 ans et de nationalité congolaise, la jeune Monique Makabala surveille de prêt l’arrivée des filles africaines à Porte de Namur pour leur proposer un salon de bonne qualité. Monique n'est pas seule dans cette situation, elles sont nombreuses à jouer le rôle des rabatteuses. "A Matongé il y a la vie, c'est ici que nous chassons nos soucis, il y a beaucoup d’Africains, et le business ", déclare un Camerounais qui ne souhaite pas donner son nom. La Chaussée de Wavre qui jouxte ce quartier est bondé des magasins de vivres frais en provenance de l'Afrique. Tout se qui se produit en Afrique se consomme à Bruxelles. Un tour à Bruxelles, n’hésitez pas à faire un tour à Matonge.

 

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